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     le groupe des nominaux adjectifs, noms et déterminants      §IV.4.1. 
Les mots pleins, les noms propres et les déterminants

 1.      IV.4.1.1.  adjectif

 1.1.      IV.4.1.1.1.  qualificatif

Adj:Qual+Mas+SG

Pour notre démarche, l’adjectif est superficiellement et majoritairement qualificatif. Il revêt une définition générale, opérant une distinction avec la famille des numéraux, Numé, et des indéfinis, Indé, respectivement exposées dans les chapitres suivants (IV.4.1.1.2. et IV.4.1.3.2.). Ce trait Qual est ajouté aux dictionnaires en début de programme.

La forme connaît une instabilité avec le participe passé, qui est l’une des problématiques grammaticales majeures de notre catégorisation § IV.4.4.. Il est aussi à noter que « le nom attribut sans article se rapproche de l'adjectif » (Goosse, 1993 : §918/c) et qu’il existe des : « Adjectifs employés adverbialement [...] jusqu’à l’invariabilité » (Idem). Cette distinction est percue par les catégoriseurs, mais échappe au traitement : « Il est fort. » est étiqueté adverbe et « Elle est forte. » adjectif, pour Cordial et Fipstag, (§ II.5.1.).

D’une part le phénomène de dérive vers le nom est lexicalisé : « J’ai fait le plein pour la semaine. », d’autre part il se manifeste dans le discours : « Le monde matériel, continua Dupin est plein d'analogies exactes avec l'immatériel. » (La Lettre volée). Dans ce cas, il sera attribué le trait Nomi : « immatériel *immatériel Adj:Qual/Nomi+Mas+SG /amb ». L’on peut considérer qu’il s’agit d’une ellipse : « le monde immatériel » ou retenir que le glissement nominal est une propriété qui : « peut apparaître comme inhérente à la catégorie de l’adjectif. » (Guilbert, 1975 : 74) et donc envisager de ne pas apposer de trait. Mais, nous nous éloignerions de notre approche syntaxique et d’un souci du détail. Il faudrait aller jusqu’au bout de la logique du glissement dans le discours pour proposer plutôt Nom:Adje à partir de l’adjectif.

L’ambiguïté apparaît dans le cas d’une répétition d'une catégorie  : « Mais je vous la dirai, répliqua le préfet en lâchant une longue, solide et contemplative bouffée de fumée. » (La Lettre volée). Les indices sont l’ordre syntagmatique aidé des encadrements : nom, verbe et coordination. Mais les structures varient : « On eut dit une de ces cigales brunes, sèches, stridentes, aux vols brusques, qui se cognent la tête dans les amandiers. » (La fortune des Rougon, E. Zola). Ces séquences sont résolues dans le bloc des enchaînements d’ambiguïtés complexes.

Une liste de lemmes : « vieux, ancien, grand, mauvais ... » aide à aiguiller l’adjectif antéposé pour résoudre les cas tels que : « Charpentier, l'homme au grand burnous de laine grise, le vieux garde forestier en retraite, » (Le Grand Meaulnes). Ils se situent en début de traitement du nom. Il conviendrait d’analyser le comportement des adjectifs à l’aide d’une base comme Frantext et inclure un critère statistique, mais l’on peut déjà noter que : « les six caractérisants de tête grand, petit, bon, jeune, beau, vieux s’antéposent à raison de 96,72 % » (Wilnet, 1986 : 136).

Les formes composées adjectivales ne paraissent pas briller par leur fréquence élevée. Leur origine provient par exemple du latin juridique : « a minima » ou de l'italien : « a cappella ». On les trouve pour des constructions introduites par une préposition « en porte à faux », en position attribut « Il est hors de doute que... », en position épithète : « une remarque bon enfant », dans des associations de noms pour les couleurs « rouge cendre », ou des constructions pour un registre familier « mi-figue, mi-raisin », « à la rue », qui peuvent fonctionner comme adjectif et adverbe, et être ambiguës : « Il est à la rue. ».

D’autres traits pourraient être envisagés comme Attr, Appo, Epit dont l’importance syntaxique concerne aussi la catégorie adverbe, ou établir des listes, potentiellement très chargées en attribuant des différences entre « objectifs et subjectifs, transitifs et intransitifs, qualités essentielles et relationnelles, etc ». (Maingueneau, 1999 : 53-55).

Le trait relationnel n’est pas pris en compte, pouvant être créé dans un développement, Relt, ce qui permettrait de rendre plus solide l’appellation Qual, et d’envisager un découpage plus exhaustif de l’adjectif, semblable à ce qui est possible pour l’adverbe : « il paraît indispensable d’isoler un troisième groupe d’adjectifs que l’on qualifiera de situationnels. » (Schnedecker, 4 : 2002).


 1.2.      IV.4.1.1.2.  numéraux

Adj:Numé/Ordi+Ing+SG - Dét:Numé/Card+Ing+SG - Nom:Numé/Card+Ing+SG - Pro:Numé/Card+Ing+SG - Nom:Numé/Ordi+Ing+SG

Les numéraux forment un trait en apparence peu complexe. Ces formes pèsent cependant dans les règles et dans la base de données de par leur nombre, les interférences qui en découlent et les cas spécifiques. Elles jouent un rôle nominal et pronominal, étant plus fréquemment des adjectifs et des déterminants. Les numéraux ont un éventail varié de catégories mais la proximité d’adjectifs et de déterminants dans leur combinaison simplifie la catégorisation. La coordination induit le choix des classes : « Deux puis quatre puis cent hommes apparurent sur la crête. » et dans ce cas alterner entre Pro:Numé/Card+Ing+SG et Dét:Numé/Card+Ing+SG : « Deux *2 Pro:Numé/Card+Ing+PL /amb puis *puis Adv:Liai /amb quatre *4 Pro:Numé/Card+Ing+PL /amb puis *puis Adv:Liai /amb cent *100 Dét:Numé/Card+Ing+SG /amb hommes apparurent sur la crête. » avec des exceptions comme les estimations, où se retrouve un déterminant sans déterminé : « De *de Pré /amb deux *2 Dét:Numé/Card+Ing+PL /amb à *à Pré trois *3 Dét:Numé/Card+Ing+PL /amb hommes. » et par ailleurs susceptibles d’entrer dans un système de figement.

Les énoncés « Le chiffre deux est divisible. », « Le treize est porte bonheur. », « deux plus deux », « Elle était presque coupée en deux. » pointent un numéral en tant qu'entité mathématique ou symbolique, sans valeur de dénombrement, Nom:Numé/Card+Maj+SG, même si le dernier énoncé est fragile, avec un déterminé implicite : « Elle est presque coupée en deux parties. » Les ordinaux sont plus simples, oscillant entre Adj:Numé/Ordi+Ing+SG, « Le premier homme. » et Nom:Numé/Ordi+Ing+SG, « Le premier partit. », malgré le risque d’ambiguïté : « Le premier pilote. ».

Dans la perspective d'un développement, il faudrait les rapprocher de l'accord en nombre et de la notion d'indéfini quantifiant. L'approche linguistique est vraisemblablement opportune en se rappelant que toutes les langues possèdent ce système élémentaire de concept logique, et ce de multiples façons, y compris pour l'accord, comme l'arabe comprenant la notion de duel en plus du singulier et du pluriel.

La multiplicité des traits impose soit un cumul, ce qui amène la saturation, soit une classification très précise, soit une séparation selon leur appartenance syntaxique ou sémantique. Cette dernière apparaît comme la plus à même d’englober toutes les variétés. Elle a pour inconvénient d’être moins méthodique dans une démarche de synthèse et de modifier la forme de la requête aussi bien dans les règles que dans le moteur d’inférence.


 2.      IV.4.1.2.  nom

Nom:Mas+SG - Nom:Prop

L'appellation de « nom » serait terminologiquement impropre. L'usage, bien ancré, le confond avec le substantif et il devrait impliquer aussi l'adjectif. A priori la différence ne saurait être retenue pour notre étude, la convention désignant tout simplement nom ce qui est substantif. Elle pourrait peser dans l'avenir, recouvrant les ambiguïtés Adj Nom ou les fréquentes associations Nom + Adj.

 Les indices pour la distinction du nom et du verbe sont multiples et sûrs en vertu de la position syntaxique ou la présence d’un repère comme le déterminant : « Le pilote décolle et pilote vers Campo dell’Oro. », « Nous savons que tu détiens des savons. ». Un verbe répandu, comme l’auxiliaire « être », est aussi dans ce cas : « Il est parti à l'est. », « J'ai été en vacance cet été. », « La lune faisait de chaque rocher un fût de colonne tronqué, un chapiteau écroulé, une muraille trouée de mystérieux portiques » (La fortune des Rougon, Émile Zola). Et pour tous ces énoncés, les traducteurs tombent juste.

Beaucoup de catégories sont susceptibles d’être nominalisées, comme l’adjectif. Il peut aussi s’agir d’un emploi métalinguistique ou bien d’un mot-outil qui coïncide avec une abréviation, une terminologie : « Les experts allemands ont tout de suite émis des réserves sur le MON 863, au motif qu’il intègre un gène de résistance à un antibiotique. » (Le Monde, 23.04.2004).

La base ABU nous indique que « cortège » est un présent de « cortéger », ce qui donne des cas délicats dès lors que la forme se situe en fin de phrase : « À combien d’entre nous ces compagnons avaient-ils servi de dernier cortège ? » (Terre des hommes). L’on considère que la présence d’un verbe deux formes en arrière, la préposition et un adjectif fréquemment antéposé devraient suffire.

Les constructions nominales, type « pomme de terre », vont être déterminées par leur référent identifiable, puis fusionnées : « chambre de commerce » désigne un lieu abritant l'institution et cette dernière par synecdoque. Les hyperonymes connaissant une faible distance analogique tels que « temps de cuisson » ou « grain de poussière », ces syntagmes seront figés en fonction du contexte des corpus étudiés et des critères secondaires.

Certaines constructions sont sémantiquement ambiguës comme « poule mouillée ». Le critère de fréquence nous suggère qu’en dehors du contexte d’un élevage, notre poule sera toujours au sec. Enfin, nous allons trouver des référents évidents pour les noms à particules ou les noms de lieux : « Cordillère_des_Andes *cordillère_des_andes Nom:Prop/Topo/Cmps » .


 2.1      IV.4.1.2.1  détermination

Les déterminants sont une marque solide pour débusquer le Nom. En leur absence, il faut se reporter à d’autres indices. Les adages ou les formules sentencieuses : « Ah ! si jamais reporter s'est trouvé en présence d'un mystère émouvant, » (L'île mystérieuse, Jules Verne, partie 3, Chapitre VII), se passent volontiers de la détermination, tandis que des séquences typées, comme celles qui suivent, sont plus aisément repérables.
Nom + Pré
- « faute de », « grâce à »...
Ver + Pré + Nom et Nom + Pré + Nom
- « considéré comme clandestin », « payer en espèce », « représentant par excellence », « agir avec prudence », « une foule de gens », « rédiger sans stylo »...
Ver + Nom
- « Je parle bantou », « Tu récites poèmes et fables », « Il chante Brel »...
état + Nom
- « Il est instituteur », « Nous sommes juges », « Il deviendra pompier »...

Pour la première et la seconde série, les séquences peuvent être lexicalisées et devenir composées : « à cause de », Pré:Cmps, « par terre », Adv:Lieu/Cmps. Il est à relever la persistance de la préposition. Certains tours sont repérables, Ver + pour + Nom :  « Il avait pour asile, il avait pour appui / Une blanche aubépine, une fleur, comme lui / Dans le grand ravage oubliée. » (L'enfant, Les orientales, Victor Hugo).

C’est l’adjonction du verbe, dans la troisième série, qui poserait problème, mais le chevauchement Adv Nom est peu fréquent, généralement avec les interjections, « coucou », les ambiguïtés terminées par « -ment » étant rares, « triplement ».

Pour la quatrième série, le lexique concerné est celui de la profession. L’ambiguïté est de l’ordre du sémantique, qualifiée de « nom attribut » qui « s’accorde selon les mêmes règles que l’adjectif » (Riegel, 1994 : 242). Deux possibilités : soit envisager, comme pour l’adjectif nominal Adj:Nomi, une étiquette nom adjectivé, Nom:Adje, soit une base de nom de profession. Même avec ce développement l’ambiguïté sémantique demeure : « Candide est philosophe », attitude ou statut ?

Enfin, l’on va relever l’absence de déterminant dans les intitulés, les titres, les adages : « Nécessité fait loi. », et les locutions : « tambour battant », lesquelles vont de toute façon perdre leur statut nominal pour l’adverbe.


 2.2      IV.4.1.2.2  propre

Nom:Prop - Nom:Prop/Prén - Nom:Prop/Vill - Nom:Prop/Pays

La question des noms propres ramène en partie à celle de la casse au chapitre IV.2.5.3. ainsi que des mots abrégés IV.2.7.1. et inconnus IV.2.7.2.. Ils possèdent la majuscule mais sont aussi reconnus par rapport à leur base, et peuvent donc parfois posséder une minuscule.

La base des noms propres comprend une liste de mots sur l’identitaire de toutes origines, Prén, et sur la topographie : il s’agit des noms de villes, plus précisément l’ensemble des communes françaises, Vill. Manque donc les villes internationales. L’effectif possède de nombreuses répétitions, et mériterait un nettoyage comme effectué pour la base des noms communs. Les noms propres font partie d’un ensemble concernant les ontologies, § IV.7.. Le trait va ainsi se développer en Topo, Abré, Lang, Inco, Maju et Capi.


 2.3      IV.4.1.2.3  prénom

Nom:Prop/Prén

« La » est déterminant, pronom, nom mais il est aussi un prénom. Ce qui peut poser un problème avec un cinquième emploi, comme nom propre composé « La Rochefoucauld ». La base des prénoms contient les mots étrangers, « Le », est d’origine chinoise ; « Comme le souligne Les Firbank, coordinateur de l’étude [...] » (Le Monde, 22.10.2003). Les supprimer serait mettre de côté cette question sémantique.

Les ambiguïtés sont résolues avec une base de noms propres composés suffisamment exhaustive, des indices comme la forme ambiguë avec majuscule suivie d’un nom propre : « Étienne de La Boetie », Nom:Prén + Pré + Dét + Nom:Maju.

L’introduction de nouvelles listes suppose donc des interactions immédiates avec le reste de la base. Soit l’ensemble fournit un trait supplémentaire, soit il amène de nouvelles formes comme les prénoms étrangers. Dans les deux cas, les formes enrichissent le lexique. Il peut se poser de nouvelles questions d’ordre grammatical et ontologique : « Jésus ! » est-il un prénom ou une interjection ? les deux ? faudra-t-il envisager de segmenter les prénoms en nationaux et étrangers, prendre en considération une dimension étymologique ou religieuse ?


 2.4      IV.4.1.2.4  particule

Nom:Prop/Prtc

Des particules nobiliaires, toutes différemment ambiguës, sont couramment usitées « y », « don », « de », « le », « la ». La difficulté est évidente pour la préposition, d’autant qu’il existe le prénom, moins pour le nom et le pronom adverbial.

La particule est réglée en tout début de chaîne. Les formes « y », « don », suivies d’un nom propre ou d’un nom majuscule seront aiguillées sur particule. La règle est plus fragile pour « de ». Une séquence définissant la particule avec clarté est alors Nom:Prop/Prén + de + Nom:Inco/Maju. Le trait Prop est inadapté car la particule ne possède pas de majuscule, en revanche elle entre dans la problématique du nom propre. Il faudrait envisager de la tester comme préposition du type Pré:Prtc.


 3.      IV.4.1.3.  déterminant

Dét:Numé/Card+Ing+SG - Dét:Adje/Indé+Mas+SG - Dét:Arti/Indé+Ing+PL - Dét:Arti/Part+Mas+SG - Dét:Arti/Défi+Mas+SG - Dét:Arti/Défi/Cont+Mas+SG - Dét:Pose/Sing+Mas+SG+P1 - Dét:Démo+Mas+SG

Le déterminant fait partie du groupe nominal. Ses traits sont nombreux, apportant une précision quant à la spécificité, à la quantité ou au relationnel du nom. Il englobe plusieurs familles de formes, étant un « terme nouveau. Il est utilisé actuellement dans toutes les grammaires. » (Bescherelle, 1997 : §203).

La difficulté relève de son homographie avec le pronom et son voisinage avec les adjectifs indéfinis. La catégorisation du déterminant fonctionne dans deux blocs. Le premier est consacré au problème entre le déterminant et le pronom, le second envisage le déterminant avec ses traits de manière générale. Enfin, il existe des syntagmes figés mais peu productifs comme : « n’importe quel » et les numéraux : « vingt et un ».

Les déterminants entrent dans des constructions du type Adj:Indé + Dét « tous les », Dét + Adj:Indé « un certain », Adv + Pré « tellement de », « beaucoup de », « énormément de », Dét + Nom + de « une sorte de », « une foule de ». Leur productivité semble élevée, le critère du référent est inopérant. Cette série de substitutions paradigmatiques relève d’une simple amplification, inclinant à ne pas les classer comme composé. Mais cette absence de figement n’est pas satisfaisante pour les règles dans la mesure où les cas de noms sans déterminant sont augmentés d’autant. Cela n’arrange pas non plus le critère de la substitution catégorielle. Pourtant, le déterminant attire l’attention sur la question de la terminologie et la variation entre niveau lexical et syntaxique. Des grammaires considèrent qu’il peut y avoir un « véritable groupe déterminant » (Riegel, 1994 : 153), « déterminatif complémentaire » (Chevalier, 1997 : 268) « prédéterminant » (Goosse, 1993 : §558). Inclure une séquence de déterminants dans la question des mots composés serait une difficulté particulière.

Cet état dessine un peu plus la nécessité de degrés dans les mots composés qui se précisent non par rapport à l’opacité sémantique mais à la colle syntaxique, dont la remarque : « On se gardera de confondre avec des groupes déterminants les déterminants complexes » (Riegel, 1994 : 153) confirme de manière plus générale le parallèle entre construction composée et analyse fonctionnelle.


 3.1.      IV.4.1.3.1.  article

Dét:Arti/Indé+Ing+PL - Dét:Arti/Part+Mas+SG - Dét:Arti/Défi+Mas+SG - Dét:Arti/Défi/Cont+Mas+SG
un ; une ; des ; le ; la ; les ; l’

L’article est un trait, Arti, et les suivants sont le dénombrable et déterminé, Défi, le dénombrable et indéterminé, Indé, le non-dénombrable, Part, et la contraction Cont. La forme « des » appartenant aux définis, indéfinis et partitifs.

Les indices syntaxiques pour différencier le pronom de l’article sont nombreux et fonctionnent aussi dans l’enchaînement des ambiguïtés du nom. Le fait est spécifiquement décrit dans le chapitre sur les formes, IV.5. La morphologie n’est pas négligeable car les traits du genre et du nombre opèrent une suppression du nom s’il y a incompatibilité avec le déterminant et le nom, « la bois », « le ferme », « les ferme ». Le trait IN bloquant ce type de marque : « la pilote », « le pilote », tandis que  *« le bouchère » est un syntagme agrammatical et « la boucher » aiguille forcément sur un verbe à l’infinitif. Enfin, l’on pourrait noter que les verbes intransitifs ne peuvent s’associer au pronom complément : « la chute » sera forcément un groupe nominal : *« Il la chute ».

D’autres séquences indiquent la catégorie : Pré + les + Nom Ver va éliminer le verbe à la deuxième personne du singulier du présent : « Tu pilotes pour les pilotes ». Certaines règles sont expérimentales, comme celles de Dét + Nom + à + le + Vii  : « [...] l’aide à le boucher. », suppose l’impossibilité d’un « boucher » Nom, qui serait « au boucher ». Reste donc à vérifier que la combinaison Nom Ver:Infi précédée de la séquence fonctionne dans ce sens. Certaines locutions pointent aussi un déterminant : « L’un et l’autre chanteurs. ».


 3.2.      IV.4.1.3.2.  indéfini

Indé : aucun ; tout ; même ; autre ; certain ; quelque ; quelconque ; chaque ; tel ; différent ; divers ; plusieurs ; maint ; beaucoup ; nul  

Indé/Cmps : la plupart ; bon nombre ; tout le monde ; n’importe quel ; pas un

La catégorie du déterminant inclut les adjectifs indéfinis, qu’ils soient des locutions ou non, or ils demeurent un « ensemble peu organisé dans lequel plusieurs classements sont possibles » (Bescherelle, 1997 : §218) autrement dit un « capharnaüm » (Wilnet, 1986 : 14). L’approche de cette famille en tant que déterminant n’est du moins pas chose nouvelle : « [...] la fonction de l’article ; telles sont, tout, chaque, nul, quelque, certain, ce, mon, ton, son, un, deux, trois, et tous les autres nombres cardinaux. » (Duclos, 1750 : 72) .

Conserver l’étiquette telle quelle permet en effet de regrouper aisément le supposé paradigme mais prolonge l’opacité d’une famille cumulant des intérêts disparates, de la quantification à la qualification, de l’anaphorique à l’incertitude.

L’ambiguïté des indéfinis peut facilement voisiner avec l’adverbe, le nom et le pronom. Devant la multiplicité des cas, il faut prévoir des étiquettes variées et envisager chaque forme comme un cas particulier. Parfois, certains en raison de leur simplicité se résolvent d’eux-mêmes, et d’autres fois ils confinent à l’erreur : les catégoriseurs attribuent une étiquette adjectif identique pour « tel » dans « Tel employé vous dira le contraire. » et « Un tel maladroit mérite notre compassion. », aux sens et position pourtant différents.


 3.2.1      IV.4.1.3.2.1  distinction

Une difficulté se situe au niveau du chevauchement avec l’adjectif qualificatif. La modification intervient lors du passage entre valeur spécifiante et valeur qualifiante. La différence est perceptible pour « quelconque », « un joueur quelconque » qui relève de l’appréciation tandis que « un quelconque joueur » participe du dénombrement. Pour nouvel exemple, « certain » est manifestement adjectif dans « un intérêt certain », emprunt de certitude, mais ses attributs sont perdus en postposition dans « un certain intérêt » pour revêtir ceux de l’indéfini, parce que coloré par l’incertitude. Ce terme d’indéfini est censé participer de l’article : « Certains joueurs sont moins rusés. ». Ici, le sens de « certain » est encore différent de nos deux exemples précédents et suggère une nouvelle étiquette, la notion d’indéfini bascule d’une sémantique du flou à celle de l’instabilité numérique. Il peut être identique pour une nouvelle position : « Certains des joueurs sont pleins de panache. » et donc conserver la classe, si le seul critère de la sémantique est jugé important.

L’accord en nombre est une cause de confusion puisqu’à chaque position celui-ci n’est pas similaire : *« Tous concurrents seront renvoyés... » , « Certains concurrents seront renvoyés... », ni dans la possibilité d’association *« Certains les joueurs seront... », *« Tous des joueurs seront... », « Certains des joueurs seront ... », « Tous les joueurs seront... ».

La forme peut en effet se combiner avec un déterminant ou une préposition. Et avec celle-ci, l’association supplémentaire d’un déterminant peut encore varier : « Beaucoup de tes joueurs reviennent », « Beaucoup de joueurs reviennent. », « Certains de mes joueurs reviennent. », * « Certains de joueurs reviennent. ». Ces possibilités sont autant de tests pour classer les formes, en tenant compte des exceptions, un pronom : « Tous deux partirent. », un numéral : « Tous ceux concernés. » ou des composés : « tous azimuts ».

Une même séquence peut donc posséder plusieurs contenus. Il en est de même en appliquant le critère morphologique avec forme + Dét:Arti/Défi + Nom : « Toute la journée je [...] », en genre et nombre, « Même la journée je [...] » qui est invariable. Et l’on va considérer Adj:Indé pour le premier énoncé et Adv pour le second.

Les indéfinis fonctionnent aussi différemment, toujours pour une même séquence, lors d’une transformation : Pro:Adve + avoir + forme : « Il en a beaucoup. » correspond à « Il a beaucoup de choses. », tandis que « Il en a certaines. », à « Il a certaines choses. ». Le premier se combine avec une préposition et le second permute simplement avec un déterminant.

En fait il convient de savoir si « beaucoup » va entrer dans notre famille. Cette forme peut permuter dans une même séquence avec un adverbe ou un adjectif : « Ils sont plusieurs/peu/nombreux/beaucoup ». Le verbe « être » est polysémique puisqu’il accepte les locatifs : « Ils sont ici. », il accepte aussi dans certains cas le quantifieur, qui pourrait donc être  Adv.

Pour prétendre à un classement plus solide des indéfinis, il pourrait être développé la notion de groupe déterminant, (chapitre d'introduction, IV.4.1.3.) envisagé d’autres traits comme « quantifant [...] caractérisant » (Wilnet, 1986 : 14) et cumul de traits « quantifiant - caractérisant » (idem), enfin vérifier quantité d’énoncés à l’aide de relevés dans les corpus catégorisés.


 3.2.2      IV.4.1.3.2.2  classement

Un tableau inventorie les emplois, pour plusieurs possibilités de catégories, et pose ainsi une étiquette à chaque position. Il ne tient pas compte des séquences non homogènes du type forme + Dét, par inversion : « Il est quelconque le fruit. » ; insertion d’un syntagme « Aucun cette nuit-là n’est apparu. » ; forme + Pré, insertion d’un syntagme figé : « Chacun de jour avait transporté un peu de terre. »

o en séquence
- forme + déterminant : « Tous les joueurs sont arrivés. », Adj:Indé+Mas+PL ;
- forme + déterminant : « Même les joueurs sont arrivés. », Adv:Degr ;
- forme + prépo. + déterminant : « Certains de mes joueurs sont arrivés. », Adj:Indé+Mas+PL ;
- forme + préposition : « Beaucoup de joueurs sont arrivés. », Adv:Degr ;
- épithète antéposé : « Je ne vois pas un quelconque changement. », Adj:Indé+Mas+SG ;
- épithète postposé intransitif : « Un roi différent. », Adj:Qual+Mas+SG ;
- épithète postposé transitif : « Un roi certain de son choix. », Adj:Qual+Mas+SG ;
- attribut qualificatif : « Ils sont certains de choisir. », Adj:Qual+Mas+PL ;
- attribut quantifieur : « Ils sont plusieurs à choisir. », Adj:Indé+Ing+PL ;
- complément du pronom : « Il y en a beaucoup. », Adv:Degr ;
- complément du pronom : « Il y en a certain. », Pro:Indé+Mas+SG ;

o en paradigme
- déterminant : « Chaque concurrent est récompensé. », Dét:Adje/Indé+Inv+IN ;
- pronom : « Aucun n’a voulu discuter avec l’arbitre. », Pro:Indé+Mas+SG.

o composé
- pronom : « Pas un n’a répondu à l’appel. », Pro:Indé/Cmps+Mas+SG ;
- pronom : « Quelqu’un a retrouvé la carte. », Pro:Indé/Cmps+Mas+SG.


 

aucun
forme
+ Dét
forme
+Pré+Dét
forme
+Pré+Nom
Dét Pro Dét+forme
+Nom
Dét+Nom
+forme
État+
forme
x
o
x
o
o
x
x
x

autre
forme
+ Dét
forme
+Pré+Dét
forme
+Pré+Nom
Dét Pro Dét+forme
+Nom
Dét+Nom
+forme
État+ forme
x
x
x
o
o
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beaucoup
forme
+ Dét
forme
+Pré+Dét
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+Pré+Nom
Dét Pro Dét+forme
+Nom
Dét+Nom
+forme
État+
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x
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x
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x
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forme
+ Dét
forme
+Pré+Dét
forme
+Pré+Nom
Dét Pro Dét+forme
+Nom
Dét+Nom
+forme
État+
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x
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x
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o
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forme
+ Dét
forme
+Pré+Dét
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+Pré+Nom
Dét Pro Dét+forme
+Nom
Dét+Nom
+forme
État+
forme
x
x
x
o
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x
x
x

différent
forme
+ Dét
forme
+Pré+Dét
forme
+Pré+Nom
Dét Pro Dét+forme
+Nom
Dét+Nom
+forme
État+
forme
x
x
x
o
x
o
o
o

divers
forme
+ Dét
forme
+Pré+Dét
forme
+Pré+Nom
Dét Pro Dét+forme
+Nom
Dét+Nom
+forme
État+
forme
x
x
x
o
x
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o
o

maint
forme
+ Dét
forme
+Pré+Dét
forme
+Pré+Nom
Dét Pro Dét+forme
+Nom
Dét+Nom
+forme
État+
forme
x
o
x
o
x
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x
x

même
forme
+ Dét
forme
+Pré+Dét
forme
+Pré+Nom
Dét Pro Dét+forme
+Nom
Dét+Nom
+forme
État+
forme
o
o
x
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o
x

nul
forme
+ Dét
forme
+Pré+Dét
forme
+Pré+Nom
Dét Pro Dét+forme
+Nom
Dét+Nom
+forme
État+
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x
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x
o
o
x
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o

plusieurs
forme
+ Dét
forme
+Pré+Dét
forme
+Pré+Nom
Dét Pro Dét+forme
+Nom
Dét+Nom
+forme
État+
forme
x
o
x
o
o
x
x
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quelconque
forme
+ Dét
forme
+Pré+Dét
forme
+Pré+Nom
Dét Pro Dét+forme
+Nom
Dét+Nom
+forme
État+
forme
x
x
x
x
x
o
o
o

quelque
forme
+ Dét
forme
+Pré+Dét
forme
+Pré+Nom
Dét Pro Dét+forme
+Nom
Dét+Nom
+forme
État+
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o
x
x
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x
x
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tel
forme
+ Dét
forme
+Pré+Dét
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+Pré+Nom
Dét Pro Dét+forme
+Nom
Dét+Nom
+forme
État+
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x
x
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tout
forme
+ Dét
forme
+Pré+Dét
forme
+Pré+Nom
Dét Pro Dét+forme
+Nom
Dét+Nom
+forme
État+
forme
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x
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x
x
x

    A. Classement des indéfinis  
 
 

 4.      IV.4.1.4.  bibliographie

         BESCHERELLE, La grammaire pour tous, Hatier, 1997.
     CHEVALIER J.-C., BLANCHE-BENVENISTE C., ARRIVÉ M., PEYTARD J., Grammaire du français contemporain, Larousse, 1997, 494 p.
     DUCLOS Charles Pinot (1704-1772), Grammaire générale et raisonnée de Port-Royal, 1660, remarques de, Slatkine reprints, Genève, 1993, 408 p.
             GOOSSE André, GRÉVISSE Maurice, Le bon usage, Grammaire française, Duculot, 1993, 13e édition, 1761 p.
     GUILBERT Louis, La créativité lexicale, Larousse, 1975, 285 p.
     MAINGUENEAU Dominique, Précis de grammaire pour les concours 3ème édition, Dunod, 1999, 321 p.
             RIEGEL Martin, PELLAT Jean-Christophe, RIOUL René, Grammaire méthodique du français, Quadrige PUF, 1994, 646 p.
     SCHNEDECKER Catherine, « Présentation : les adjectifs « inclassables », des adjectifs du troisième type ? » in L’adjectif sans qualité(s), Revue Langue française, p. 3 à 19, Larousse, 2002, 127 p.
             WILNET Marc, La détermination nominale, qualification et caractérisation, PUF,1986, 196 p.


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     Rédaction : 01.04.2004      Publication : 10.10.2006
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