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     le groupe des déitiques adverbes et pronoms      §IV.4.2. 
Les catégories entre mot plein et mot-outil

 1.      IV.4.2.1.  les adverbes

 1.1.      IV.4.2.1.1.  caractérisation

L’adverbe a pour rôle de modifier ou de préciser le sens d’un verbe, d'un adjectif, d’un autre adverbe. Il peut aussi concerner l’ensemble d'une phrase, être complément de la préposition, d’« un introducteur ou à un mot-phrase » (Goosse, 1993 : §917). Il s’associe à « que » pour former une conjonction de subordination. Il s’emploie aussi, mais plus rarement, avec un nom : « C’est un garçon bien. », l’on note que certains « adverbes commutent en cas avec des adjectifs » (Goosse, 1993 : §918/a) indiquant que l’instabilité et le glissement sont de mise.

 D’un point de vue morphologique la catégorie est invariable, à l’exception de « tout ». La forme est de longueur tantôt brève, tantôt longue lorsqu’elle est terminée en « -ment » ou qu’il s’agit de locutions, lesquelles ne sont pas rares. Les adverbes en « -ment » ne relèvent pas à proprement parlé de mots-outils dans la mesure où ils sont manifestement dérivés de l’adjectif et nombreux. La base les inclut pourtant comme tels afin de les traiter au même niveau que les non-suffixés. Le total nous donne 1.848 étiquettes Adv: dont 1.327 formes en « -ment », et celle des mots composés contient 232 locutions adverbiales.

D’un point de vue syntaxique, ils sont supprimables et déplaçables. Mais certains adverbes de lieu, d’affirmation ou d’intensité, fonctionnent comme mots-phrases ou anaphoriques : « Il est ici ? Oui », « Ils sont beaucoup », avec des limitations : « Je pense que oui. », *« Je pense que ici. ». La difficulté vient de l’emploi du verbe « être » qui fonctionne comme un verbe locatif, que l’on peut remplacer par « se trouver »et se confondre avec l’attribut. Cette difficulté impliquerait de considérer certains adverbes comme adjectifs, déplacer le problème au niveau des verbes d’état, modérer le paramètre de suppression, sauf s’il est envisagé une appellation spécifique. Pour notre convention nous pourrions ajouter le trait adjectif, Adv:Adje.

Les locutions adverbiales, comme « en revanche », vont être classées mot composé en fonction du critère de substitution (§ IV.3.4.1.2.). Certaines combinaisons d’adverbes, comme « fort bien », où la sémantique est conservée, mot à mot ou d'un trait, ne supposent pas de ligature, contrairement à « aussi bien » différent dans « Vous pouvez aussi_bien avoir raison. », et « Vois-tu aussi bien dans le noir ? ».

La ligature est donc variable : « C'est à quelle distance d'ici, au_juste, Le Vieux-Nançay ? », (Le Grand Meaulnes), « Il l’estime au juste prix ». Cordial retient la notion de mot composé pour la locution adverbiale « au juste », et prend en considération l’ambiguïté. La traduction est bien rendue avec un unique résultat « exactly » dans Reverso mais s’égare avec un mot à mot : « with the Juste » pour World Lingo, (§ II.5.2.1.). Le critère de limitation de longueur est important : « au petit bonheur la chance » qui possède de toute façon une limitation : ?« Il a au petit bonheur la chance reproduit l'objet. ».

Il demeure les ambiguïtés sémantiques, par exemple la séquence « en général », locution adverbiale ou Pré + Nom ? ; les adverbes de liaison : « par dessus tout », « à la longue » qui devront être pris entre deux ruptures, tandis qu’associée au verbe ces ambiguïtés sont beaucoup plus délicates à résoudre.

Les constructions type Adv + Pré + Adv, où les deux adverbes sont un même mot, « peu à peu » seront considérées comme composées étant un nombre limité : *« hier à hier ». Il n'en va pas de même pour les noms, qui admettent quantité de formes d'énumération : « feuilles à feuilles », « nuit après nuit », sans perdre de vue des constructions plus culturelles, plus chargées, comme « dent pour dent ».


 1.2.      IV.4.2.1.2.  découpage

 Adv:Cmpr - Adv:Itrj - Adv:Liai - Adv:Dout - Adv:Néga - Adv:Affi - Adv:Degr - Adv:Manr - Adv:Temp - Adv:Lieu - Adv:Inte

Cette variété d'associations, d'insertions, et leur nombre important, obligent à détailler l'adverbe en développant ses traits de façon à lui fournir le cadre le plus ordonné possible. Deux critères ont déterminé le classement. Le premier est l'héritage des grammaires, qui se fonde sur la sémantique, et l'autre la faiblesse de glissement de sens.

Plus un découpage offre la possibilité à une forme de varier, moins il sera retenu. Ce critère ne saurait perdurer mais il est appliqué pour opérer dans un premier temps un décloisonnement.

Certains adverbes occupent forcément plusieurs places, comme « après », qui peut être de lieu ou de temps selon le contexte. Il ne sera retenu qu’une étiquette. D’autres peuvent devenir adverbes de liaison s’ils s’orientent vers un emploi argumentatif, parce que possédant un indice d’ordre syntaxique.

Il conviendrait de développer la classe des adverbes particulièrement lorsqu’ils concernent des mots-outils. La difficulté se situe au niveau des terminaisons en « -ment ». Ainsi se distingueraient les adverbes de restriction « uniquement, surtout, spécialement... », qui seraient une variante des adverbes de négation. De même, il pourrait être effectué une distinction entre les adverbes de temps et ceux d’aspect, mais ces « adverbes d’aspect sont proches à la fois des adverbes de manière et des adverbes de temps » (Goosse, 1993 : §919-1-a).

 1.3.      IV.4.2.1.3.  interrogation

Adv:Inte
combien ; quand ; comment 

Les adverbes interrogatifs ne sont pas supprimables, et ressemblent à des subordonnants avec un verbe modal pour les interrogatives indirectes : « Il sait combien il reste de pommes. ». Nous pourrions l’envisager comme subordonnant, au même titre que « quand » qui est Adv et Coj:Circ.

Ces formes ne sont pas sans poser quelques difficultés de catégorisation. Elles font partie d’une « même famille, plusieurs catégories : les termes en qu- » (Le Goffic, 1993 : §21) selon le critère, rarement exploré, de l’étymologie. L’on pourrait découper ces adverbes autrement que par le trait interrogatif : « où (lieu), quand (temps), comment (manière), combien (quantité ; interrogatif ou exclamatif) » (Le Goffic, 1993 : §65), ou bien conserver Inte et envisager une cumulation de traits, du type Adv:Inte/Temp.


 1.4.      IV.4.2.1.4.  affirmation

Adv:Affi
certainement ; oui ; certes ; si ; vraiment ; volontiers ; affirmatif

Adv:Affi/Cmps
bien_sûr ; quand_même ; d’_accord

Comme tous les adverbes d’opinion, il peut s’agir de mot phrase, fonctionnant donc de manière autonome. Beaucoup sont des modalités inclinant à l’affirmation, dans un registre soutenu « certes », plutôt en manifestation d’enthousiasme : « volontiers », le volitif : « affirmatif », ou encore, de politesse, « certainement ». Contrairement aux autres affirmatifs, probablement parce que moins dénotés, l'emploi du « oui » peut facilement être nominalisé : « Le camp des oui pour le référendum. », en demeurant invariable.

 1.5.      IV.4.2.1.5.  liaison

Adv:Liai
cependant ; néanmoins ; pourtant ; toutefois ; ainsi 

Adv:Liai/Cmps
en_effet ; par_conséquent ; au_contraire ; en_revanche ; non_seulement ; mais_encore ; de_fait ; dès_lors ; de_ce_fait ; en_d'_autres_termes ; autrement_dit ; malgré_tout ; en_tous_cas ; de_plus ; en_outre ; qui_plus_est ; c'_est-à-dire ; d'_ailleurs

Beaucoup de ces adverbes sont composés. Il s’agit de tous les éléments en usage dans un discours d’empreinte logique à une connexion argumentative. Ils se confondent avec les adverbes de phrase. Un trait, issu d’une terminologie pragmatique, serait difficile à prendre en compte pour notre catégorisation grammaticale.

Certains sont ambigus, heureusement, leur classement est facilité en ce qu’ils se trouvent précédés d’une rupture : « De même, le chapitre IV évoque une thèse semblable. », « Ils sont de même origine. », « Ainsi, notre héros quitta le château. », « Le héros a vaincu ainsi le dragon. » mais parfois insolubles, pour les figurés : « Dans le fond, il a raison. », « Dans le fond, tu trouveras des os pour le chien du boucher. »

À ces adverbes de liaison vont être apparentés les présentatifs : « voici », « voilà », classement temporaire en attendant de trouver une classe appropriée. Ces formes pouvant être composées : « Voici_que brusquement, ce monde calme[...] » (Terre des hommes), et au figement discutable : « C’_est_pourquoi il veut comprendre. ».


 1.6.      IV.4.2.1.6.  interjection

Adv:Itrj
amen ; arrière ; attention ; bagasse ; bah ; banco ; combien ; que ...

L’interjection ou l’exclamation n’est pas à proprement parlé un adverbe. Elle en possède certains attributs comme le fait d’être supprimable, déplaçable. Le fait de la classer dans ce groupe évite de créer une catégorie sans rôle prépondérant. L’interjection ramène le texte à sa dimension discursive, et pourrait être perçue comme une classe à mi-chemin entre le lexique et la ponctuation.

L’on va mêler dans cette classe les jurons : « palsambleu », les onomatopées : « vlan », les interpellations : « hep », les injonctions : « chut », les éléments cérémoniaux du jeu : « hajimé », « à vos marques » ou du sacré : « amen », « ainsi soit-il ». Elle peut intégrer une ponctuation : « ta, ta, ta » (Le Robert), et ne pas être retenue comme composé à cause de sa longueur : « trois, deux, un, partez ! ». Son autonomie est importante, se rapprochant d’un mot-phrase ou d’un adverbe de phrase.

Toute forme prise entre ponctuation et exclamation est susceptible de devenir une forme exclamative, la modalité devenant son trait principal, par exemple pour le jeu et le sport : « échec et mat ! ». Cette modalité peut aussi être marquée par l’interrogation : « prêt ? combattez ! », et entrer dans un syntagme de succession : « - *trai_dial Pof:Ponc/Dive /amb Rien *rien Pro:Indé+Ing+SG /amb , *virg Pob:Ponc/Faib vraiment *vraiment Adv:Itrj ? *poin_inte Pof:Ponc/Fort Allons *aller Ver:ImPr+PL+P1 /amb » (La Lettre volée).

Le trait interjection pourrait alors être étendu aux autres marques de modalité comme l’interrogation (Itrj, Inte…) afin de marquer une forme absente de la base des adverbes d’interjection. Des traits morphologiques associés aux interjections comme « quelle » Adv:Itrj+Fém+SG, appuient l’idée que cette classe serait parfois un simple trait, et les formes spécifiques, des adverbes de modalité : « Quelle folie ! ».


 2.      IV.4.2.2.  pronom

Pro:Rela - Pro:Démo+Ing+IN - Pro:Indé+Mas+IN - Pro:Adve - Pro:Inte+Mas+IN - Pro:Pers/Suje+PL+P1 - Pro:Pers/Comp+PL+P1 - Pro:Pers/Disj+PL+P2 - Pro:Pose/Sing+Mas+SG+P1

Comme son étymologie l’indique, du latin « pro nomen », la catégorie a pour caractéristique de reprendre, remplacer un groupe nominal ou son équivalent comme l’infinitif, certains admettant un déterminant : « Le même est arrivé. ». La représentation est tantôt celle du référent : « Dans une phrase comme le docteur est arrivé ; elle est dans le salon, il est bien évident que le pronom se réfère au sexe de la personne est non au genre de sa désignation nominale. » tantôt sa morphologie : « dans le cas de personnes du sexe masculin désignées au moyen de substantifs féminins, l'accord grammatical est conservé : la sentinelle est à son poste ; elle a froid. » (Martinet, 1962 : 33). La catégorie n’a pas toujours pour antécédent une chose, lors de l’apparition d’un repère temporel : « Il était une époque où nous pouvions cueillir des fraises sur la route. » ou bien ne rien représenter : « Il pleut. ».

Elle constitue plusieurs familles qui n’ont pas forcément de points communs de part la variété des fonctions syntaxiques revêtues. L’on relève les pronoms démonstratifs, indéfinis, possessifs, interrogatifs, dont les traits recoupent les déterminants et les classes des relatifs et des personnels. À cette liste se joignent les pronoms adverbiaux : « en », « y ».

Le syntagme « quelqu’un » est un composé, dans la mesure et il n’existe pas de *« quelqu’une » et « quelques-uns » possède le trait d’union. L’énoncé « Le responsable la ferme à clef. » nous montre un cumul d’ambiguïtés et un complément d’objet représenté par le pronom, sortant du format canonique. Winbrill échoue, Cordial va faire l'erreur, malgré une forme « responsable » peu ambiguë et pour une séquence Dét + Adj + Dét peu probable. Fipstag est dans le juste. Pour les traducteurs, l’énoncé : « Étant donné que Jean et moi les avions déjà. » leur est fatal, (§ II.5.5.2.) avec la traduction par « planes », probablement parce qu’ils ne saisissent pas « Jean et moi » comme équivalent de la première personne du pluriel ou comme sujet. L’énumération, le pronom et une forme ambiguë peuvent amener un énoncé insoluble : « Il prend la fenêtre et la porte à réparer. », la grammaire n’est pas une aide puisque l’infinitif ne porte pas la morphologie du nombre, que l’on qualifiera d’ambiguïté contextuelle. L’approfondissement du pronom est capital puisqu’il peut éclairer le rapport entre représentant et antécédent pour s’engager sur le domaine de l’énonciation.


 2.1.      IV.4.2.2.1.  relatif

Pro:Rela : qui ; que ; quoi ; dont ; où ; quiconque ; auquel ; duquel ; lequel...
Pro:Rela/Cmps : qui que ; quoi que ; où que ; à laquelle ; de laquelle...

La classe des pronoms relatifs est plutôt simple et restreinte, à part l’ambiguïté du « que » et son implication au palier de la proposition, ses aspects sémantiques apparaîtraient minces s’il ne possédait pas parfois cette valeur circonstancielle, ou si n'était pas opérée une distinction animé/inanimé avec « qui » et « que ». Il existe des pronoms relatifs composés qui prennent une valeur circonstancielle concessive : « Quoi que tu fasses tu passeras par où il est passé. ».

Quelques pronoms relatifs composés parsèment la liste, des syntagmes comme : « qui que ce soit qui », n’y entrent pas de par le critère de longueur, « à laquelle » et « de laquelle » y trouvent leur place, puisque le premier est du paradigme des « auquel » et le second des « duquel ». L’on trouve d’autres composés : « comme qui dirait ».

Le « que » est le principal développement de nos pronoms relatifs (§ IV.6.). Certains pronoms permutent avec le déterminant : « auquel cas », « lequel personnage » et pourrait se voir attribuer l’étiquette Dét:Rela+Mas+SG, pointant une nouvelle combinaison entre traits et catégories.


 2.2.      IV.4.2.2.2.  personnel

Pro:Pers/Comp+PL+P1 - Pro:Pers/Disj+PL+P2 - Pro:Pers/Suje+PL+P2
je ; tu ; il ; elle ; ils ; elles ; on ; nous ; vous ; eux ; lui ; me ; se ; te ; le ; la ; les ; moi ; toi ; soi ; leur ; leurs

Sauf pour le cas particulier des lemmes « le » et « la », les pronoms personnels sont facilement identifiables et généralement ambigus à l’intérieur de la catégorie, c’est-à-dire au niveau des traits. Ceux-ci diffèrent essentiellement sur le fonctionnement syntaxique, conjoint sujet, Pro:Pers/Suje, conjoint complément, Pro:Pers/Comp, et disjoint, Pro:Pers/Disj. Au niveau de la catégorie la confusion tient de l’homographe, « lui » avec le participe passé de « luire », « tu » avec « taire », « on » avec l’anglicisme antonyme de « off », « elle » le prénom et « moi » l’ego. La résolution est relativement aisée puisque la distinction s’opère avec le verbe, soit accolé à celui-ci pour les Suje et Comp, soit détaché, pour les Disj.

Les formes « vous » et « nous » recouvrent les trois traits. La catégorisation se déroule en trois phases à l’intérieur d’un seul bloc. Un premier test sélectionne le trait Suje si le verbe est terminé par le trait PL+P1 ou PL+P2 ; un second test aiguille vers Comp s’il s’agit d’une autre désinence ; enfin nous sommes dans le cas du Disj si la forme est encadrée de ruptures : « nous, nous arriverons ».

La forme « lui » va se situer dans le test des « nous », « vous » ayant le même fonctionnement pour Disj et Comp. En revanche « elle » est un peu plus délicat, à cause de sa fréquence comme Suje, et des cas particuliers qui ne manqueront pas d’apparaître. La règle pour distinguer le Disj du Suje ne consiste pas à repérer un verbe à la troisième personne, que l’on sait particulièrement ambigu, mais un Disj plus solide impliquant d’être encadré, rupture elle Poc, Pré elle rupture. Enfin, « leur » est disjoint dans « parle-leur ».


 3.      IV.4.2.3.  bibliographie

         LE GOFFIC Pierre, Grammaire de la langue française, Hachette Université, 1993, 589 p.
             GOOSSE André, GRÉVISSE Maurice, Le bon usage, Grammaire française, Duculot, 1993, 13e édition, 1761 p.
     MARTINET André, Langue et fonction trad. H.Walter, G.Walter, Gonthier Denoël, 1969, 220 p.


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     Rédaction : 01.04.2004      Publication : 10.10.2006
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