| .1. Participes passés | 1.3. Voix passive |
| 1.1. Degré d'actualisation | 1.4. Valeur aspectuelle |
| 1.2. Constructions composées | 1.5. Complément d'agent |
| .2. Participes présents | .3. Bibliographie |
Ver:PPas+Mas+SG - Vpp
Le trait PPas (ou la catégorie Vpp) contribue aux temps composés, et sa principale problématique est sa frontière instable avec l’adjectif. L’ambiguïté peut se situer par rapport au verbe conjugué, « décrit », ou au nom, « assemblée ». Les séquences sont parfois faciles à rédiger, comme le fait d’être précédé d’un auxiliaire, ou d’être suivi d’un verbe conjugué et précédé d’un déterminant : « L’assemblée vote. », mais la difficulté s’accroît pour différencier par exemple les apposés des impératifs : « Mon cher enfant, bénis nos fétiches, adore-les toujours. » (Candide).
Pour détailler la catégorie un premier chapitre décrit notre conception du degré d’actualisation, expliquant ce qui : « participe à la fois de la classe de l’adjectif et de celle du verbe. » (Arrivé, 1986 : 471). Deux autres chapitres traitent des séquences lors des temps de conjugaison et de la passivation. Un quatrième synthétise les précédents pour dégager une typologie aspectuelle de la catégorie, de façon à étoffer la base de données. Un dernier traite des prépositions « par » et « de », comme complément d'agent.
Le bloc des participes passés est censé être peu volumineux, ne traitant que les cas les plus simples pour aiguiller rapidement ce qui ressort ou pas de la catégorie, et les cas les plus compliqués et donc les plus expérimentaux. Les séquences intermédiaires sont résolues dans le bloc des noms et adjectifs, et dans celui des temps de conjugaison.
Dans la plupart des constructions syntaxiques le participe passé est verbal. C'est le cas avec l'emploi du passif : « Il a été déchu. », de l'auxiliaire avoir : « Il a adapté son discours » et des tournures pronominales : « Il s'est retrouvé chez lui. » Mais cet aspect peut varier en degré d’actualisation et en valeur temporelle jusqu’à devenir nul et donc évoluer en adjectif.
La forme adjectivée relève de l'état, de la durée, d’une valeur résultative, tandis que la forme verbale de l’action, d’un évènement en cours. Le temps de conjugaison n’a pas d’influence, la perception comme adjectif aura tendance à fixer le procès du présent en continuité vers le futur : « La voiture est cassée et n’est pas prêt d’être réparée. », et celle comme participe à faire évoluer le procès d’un repère à l’autre : « La lettre est rédigée. En cours de rédaction, elle sera terminée et connaîtra la publication, la lecture, l’expédition... », ici du présent vers un futur différent, sauf si l’aspectuel du verbe est en cause : « La lettre est expédiée. », pouvant être compris comme en cours d’envoi, ou bien partie dans les réseaux de distribution. Pour certains verbes, cette frontière est floue lorsqu'elle est non explicite : « L'outil est adapté à la situation. », « Le vagabond est abandonné du reste de la société. » Dans le cas d'une gradation entre ce qui résulte et ce qui se réalise, le contexte seul ou un énoncé amplifié peut résoudre l'ambiguïté :
- Action manifeste, passivation et actualisation forte :
« L'outil est en cours de fabrication pour résoudre le problème. »
« Le vagabond est en train d’être abandonné du reste de la société. »
- Action manifeste, passivation et actualisation moyenne :
« L'outil a été spécialement adapté en fonction du problème. »
« Le vagabond est pour l’heure abandonné du reste de la société. »
- Action relative, passivation et actualisation faible :
« L'outil a été adapté pour résoudre le problème. »
« Le vagabond est petit à petit abandonné du reste de la société. »
- État relatif, adjectivation et attribution faible :
« L'outil possède la qualité de pouvoir résoudre le problème. »
« Le vagabond est dans une situation d’abandon. »
- État manifeste, adjectivation et attribution forte :
« L'outil possède la qualité particulière de résoudre la situation. »
« Le vagabond est désormais exclu de la société. »
Les énoncés nous montrent que des constructions sont en mesure de lever l’ambiguïté. Elles varient du repère temporel présent, puis du passé immédiat, ensuite la notion de durée s’estompe, pour aboutir à une caractéristique, laquelle, pour finir, se précise. Il n’est pas certain que l’information consistant à distinguer le degré d’actualisation soit pertinente : peu importe si un individu se retrouve déjà exclu ou en cours d’exclusion, le thème seul peut être capital dans le message. Des syntagmes du type : « en cours de », « en train de », suffisent à préciser la situation lorsque l’énonciateur en a l’intention. Cet argument n’est toutefois pas convainquant, dans la mesure où notre démarche consiste à renseigner au mieux le texte. L’ambiguïté semble alors difficile à lever en dehors de constructions types. C’est toutefois ce qui va être envisagé dans le chapitre sur l’aspectuel IV.3.10.4., sur le classement des participes par rapport à d’autres indices.
Les temps composés s’emploient avec l’auxiliaire « avoir », plus rarement « être » et peuvent se confondre avec le passif : « Il est mangé. », ou l’adjectif : « Il est brûlé. ». Ce type de séquence est résolu en passant par deux blocs, celui des participes passés et celui des temps de conjugaison. Ce dernier se situe en fin de chaîne.
Une première règle établit une liste pointant le participe passé et une seconde, plus tard, le temps composé : « Le verbe être précède des verbes perfectifs [...] qui expriment un mouvement ou un changement d’état : aller, arriver, devenir, entrer, mourir, naître, rester, sortir, tomber, venir ; » (Riegel, 1994 : 252). Donnant la liste, ver_perf, et qui abouti à la catégorisation : « Je *je Pro:Pers/Suje+Ing+SG+P1 suis *être Ver:IPac+SG+P1 /amb tombé *tomber Ver:PPas+Mas+SG /amb par_terre *par_terre Adv:Lieu/Cmps /amb ». Cette liste est en partie ambiguë et l’on peut retrouver l’épithète : « L’homme est un dieu tombé du ciel. », « Le premier arrivé sera le dernier parti. ». C’est avec le seul emploi de « être » que la forme sera aiguillée PPas. Les complications viennent des insertions et des inversions : « Était-il vraiment tombé par terre ? ».
Certaines formes ambiguës comme « passé » peuvent aussi être Nom, plus rarement Pré et plus rarement encore Adj. La règle consiste donc à repérer les emplois les plus pertinents, ce qui ne manque pas pour celui-ci : « 2¨ (Couleurs) Qui a perdu son éclat. Þ éteint, fané. Couleur passée. Par ext. Cette tapisserie « était usée, élimée, passée de ton » (Gautier).Þ défraîchi. 3¨ Passé de mode : démodé. » (Le Robert) être passé : « de mode... de ton... » impliquera un adjectif, d’autant que la séquence tient du mot composé.
Les constructions pronominales, se + être + Participe Passé, indiquent aussi le passé. Les marques sont ici les formes se et s’. Hors de ces séquences canoniques, les listes de participes passés sont des marques essentielles. L’énoncé : « Comment Candide fut élevé. » peut être analysé comme Ver:IPsi + Adj:Qual, ou Ver:IPan + Ver:PPas, ou Ver:IPsi + Ver:PPas. La règle va aiguiller sur le précédent car le lemme « élever », qu’il s’applique à un objet ou un être entraîne une construction passive. Un premier passage indique un participe passé, et le second, un temps simple. Il faut toutefois compter sur les exceptions être + Adv:Degr + élever, aiguille « élever » sur Adj:Qual : « Il est mal élevé. »
La problématique est naturellement prise en compte par les traducteurs, mais les embûches ne manquent pas. À titre d’erreur, mais qui tient du bogue, la conjugaison de « tomber » dans le Robert électronique 1996, qui est associée à « avoir », les autres verbes du paradigme n’acceptant pas un usage avec « avoir », sont employés avec « être ».
La démonstration sur les temps composés amène avec « être » une liste limitée de mots. Le cas du passif concerne des listes beaucoup plus importantes et qu’il est difficile d’établir. L’on va commencer par déduire à partir du lexique une propension plus ou moins forte à la passivation :
- certains verbes paraissent comme forcément passivés aimé, adulé, activé, assailli... sans complément d’agent apparent : « L'enfant est aimé. », « La souris est mangée. ».
C’est la base qui va déterminer la catégorisation, en ne laissant tout simplement pas l’étiquette Adj.
- d’autres formes peuvent varier selon le contexte, accumulé, arrêté, corrigé, ridiculisé, réparé... : « Vous n’avez pas le droit de vous en aller, vous êtes arrêté. »
(Le procès, Kafka), et ne deviennent nettement passives qu’avec un complément d’agent : « Le blé est accumulé par les/grâce aux livraisons de charrettes. ».
- un troisième groupe est moins équivoque : ahuri, cuit, déchu, familiarisé, modernisé, ridiculisé, rôti... devenant adjectif en position attribut : « Il est ahuri. », et participe passé avec le complément : « Il est ahuri par la situation. ».
Les règles établissent donc l’étiquette PPas pour le premier groupe dans tous les cas, et s’il est suivi d’un complément d’agent, pour le deuxième et troisième groupe. Ceux-ci seront adjectifs en position attribut et apposé. Le problème résulte du deuxième groupe lors de l’absence de « par ». Il sera assimilé au 3ème groupe en attendant de développer d’autres indices.
Pour résumer une première règle énonce :
- 1er groupe : PPas en position attribut, avec ou sans forme « par » ;
- 2ème et 3ème groupe : Adj en position attribut, et PPas avec la forme « par ».
La problématique ne se situe pas seulement pour la position attribut mais aussi pour l’apposé et l’épithète. Ce dernier impose sa valeur qualifiante, même à une forme comme « aimé », avec une notion généralisante : « L’enfant aimé possède l’essentiel. » Et sachant que l’apposé peut varier.
Pour établir une liste des formes, il faut relever que : « En règle générale, les participes passés susceptibles de jouer le rôle d’adjectif attribut sont ceux des verbes causatifs-résultatifs qui modifient les caractéristiques saillantes de leur objet. » (Riegel, 1985 : 184). L’aspect résultatif se combine à d’autres ou se modère, en effet « Il est tombé. » n’est pas pour autant adjectif puisque passé composé. Il s’agit d’un évènement dont on situe le déroulement dans le passé, et s’il est terminé, il ne se prolonge dans le présent que par ses conséquences. Il existe un espace de temps entre le fait qu’il soit tombé et l’actualité de son énonciation, espace durant lequel il a pu se relever, mourir, être évacué... À titre de comparaison, « Il est cassé. » indique que la destruction est définitive puisque accomplie, mais notre « Il est tombé. » parle à la fois de la chute, un segment, et de la réception, temporaire ou pas selon le contexte.
L’on peut aussi établir un classement par champs lexicaux. Pour les verbes impliquant un bouleversement, comme les sémelfactifs brisé, explosé, l'état peut se prolonger indéfiniment, si bien que l’on peut les adjectiver. « Pour trouver la rue, contournez le vieil immeuble effondré. » et donc aiguillés dans le troisième groupe. Les verbes de mouvement posent un procès en cours et un classement dans le premier groupe : « ramené », « déplacé », « déménagé ». Les mots du jugement impliquent clairement un aboutissement : « réussi », « raté », et donc un classement dans le troisième. Cette notion est précisée par la difficulté à adjoindre un complément d’agent : ?« La musique est réussie par Jean. », ?« La musique est raté par l’emploi de choeurs. » Tandis que des verbes type « bâclé », « gâché » les admettent, distinguant le sens d’appréciation, qui peut se réaliser durant une exécution, du jugement, qui en est la somme.
forme |
résultant | attribut | apposé | groupe | domaine |
| aimé | non | PPas | PPas | 1 | sentiment |
| amené | oui | PPas | PPas | 1 | mouvement |
| corrigé | oui | Adj | Adj | 2 | tâche |
| arrêté | oui | Adj | Adj | 2 | contrainte |
| bâclé | oui | Adj | Adj | 2 | appréciation |
| révolu | oui | Adj | Adj | 3 | terme |
| réussi | oui | Adj | Adj | 3 | jugement |
L’ébauche de cette liste sur une cinquantaine de mots nous révèle que certains sont des ambiguïtés sémantiques : « renvoyé » relève de la conséquence d’une exclusion d’un individu (d’une entreprise etc.) ou de l’acte lui-même, pouvant s’exercer sur une palette de choses beaucoup plus large que la perte d’un statut. La forme « soigné » est encore plus délicate puisqu’elle cumule polysémie et ambiguïté sur l’actualisation : pouvant être l’attention portée à l’exécution d’un travail, le résultat d’un traitement médical et ce même traitement en cours d’application. Un approfondissement de chaque mot laisse entrevoir que nombre d’usages peuvent parasiter le classement.
Ce relevé serait long à établir, ressemblant dans sa complexité à un tableau transitif/intransitif. Il permettrait l’existence d’une base de verbes aspectuels. Les deux, aspectuel et transitif, pourraient faire l’objet du même type de recherche à partir de relevés statistiques sur des textes pleins ou l’adaptation de ressources.
Seule une étiquette prenant en compte le degré, comme envisagé pour les mots composés, pourrait proposer une catégorisation exacte, plutôt qu’un classement binaire, peu satisfaisant pour les cas intermédiaires comme le groupe 2. En attendant de développer des indices résolvant le cotexte, il sera exploité de manière la plus cohérente possible cette différence entre adjectif et participe passé pour nos corpus.
L’indice essentiel de passivation est l’apparition d’un mot introduisant le complément d’agent. La préposition « par » est la plus saillante et la plus sûre contrairement à « de » d’une sémantique plus variée. L’on pourrait avancer que « de » ne peut commuter avec « par » sans un changement de statut : « La préposition de apparaît aujourd’hui comme la forme marquée réservée aux cas où le complément introduit n’est pas interprété comme un véritable agent et où, corollairement le sujet passif n’est pas effectivement affecté par le procès verbal. » (Riegel, 1994 : 437) Que le participe passé soit épithète ou attribut, employé avec « de », il penche pour la valeur résultative : « Un poulet rôti d'une main de maître », « Un poulet rôti d'un goût excellent », le premier spécifie la manière, même s’il s’agit aussi d’un indice d’actualisation, le second, la qualité, et dans tous les cas, un adjectif. Pour l’instant la règle, comme d’autres par ailleurs, est arbitraire, dans la mesure où cette distinction entre « par » et « de » nécessite un approfondissement spécifique : « Ces deux prépositions ne s’emploient pas indifféremment, mais leur exacte distribution dans l’emploi constitue une grosse difficulté de la langue française et un problème qui divise les grammairiens. » (Béchade, 1986 : 26). Celui-ci pourrait naturellement poser de nouvelles questions tout aussi aiguës mais permettrait d’avancer sur le front des prépositions.
Les verbes du groupe 2 varient en fonction du contexte. Ainsi : « La guitare est réparée. » est traduit en anglais par l’adjectif : « The guitar is repaired. » de même qu’il pourrait se voir en : « The guitar is being repaired. » selon le contexte. L'anglais ressort d’une simple construction verbale, et le français d’un syntagme plus complexe : « en train d’être réparé », ou d’une nominalisation « en cours de réparation », « en réparation », et qui ne fonctionne pas dans tous les cas : *« en exclusion », *« en adaptation ». Pour l’espagnol, la problématique est prise en compte : « Se repara la guitarra. El músico repara la guitarra. », dans WorldLingo, mais pas avec Reverso : « La guitarra es reparada. La guitarra es reparada por el músico. »
Les précisions de fonctions de Cordial ne permettent pas de les différencier même s’il analyse « par... » comme complément d’agent (chapitre VI.4). Certains indices permettraient d’aiguiller vers PPas : « Adverbes ou prépositions, peuvent marquer avec plus d’insistance la relation temporelle. Par exemple l’antériorité immédiate : Sitôt rentré de l’école, je me mets au piano. » (Chevalier, 1997 : 377), mais il conviendrait de tester la règle Adv:Temp et d’inclure la problématique « de ».
Ver:PPré - Vrr
Le trait PPre ou la catégorie Vrr est morphologiquement très simple à reconnaître et d’emblée ambigu avec l’adjectif. Sa marque de levée la plus simple étant le syntagme gérondif. Une bonne partie de ce vocabulaire est différenciée par les terminaisons à l’écrit, « -ent », « -guant », « -quant » mais le problème reste entier pour l’oral. Toutefois les formes fréquentes en sont épargnées : « des auxiliaires être et avoir (mais aller donne elle est très allante), de devoir, savoir et pouvoir (mais puissant et savant sont d’anciens participes présents), etc. » (Arrivé, 1986 : 472), le cas de « ayant » est résolu par le figement : « ayant droit », « ayant cause » ; celui de « étant », recouvre aussi un nom, restreint au domaine philosophique, et le cas particulier de « devant » est décrit dans un chapitre (IV.4.13).
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| Rédaction
: 01.04.2004 Publication : 10.10.2006
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