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     le groupe des verbes conjugués et participes      §IV.4.4. 
Les catégories verbales

 1.      IV.4.4.1.  verbe

Ver:IPré+SG+P1 - Ver:ImPr+SG+P1 - Ver:PPas+Mas+SG - Ver:IfPr - Ver:PPré

Le verbe connaissant une variation morphologique importante, il est logiquement susceptible d’ambiguïté pour les formes du premier groupe au présent, au morphème simple, et donc au plus près du radical.

Le format du trait, pour marquer le mode, est contracté : I signifie indicatif, S subjonctif, C conditionnel. Dans les règles, la forme s’associe dans une séquence avec le trait d’union, le pronom personnel réfléchi ou l’auxiliaire, sans être fusionné. Le verbe englobe plusieurs fonctionnements qui divisent la catégorie :


- verbe conjugué, c’est-à-dire tous les temps, les modes subjonctifs et conditionnels, Ver:IPré ;
- impératif, qui se confond avec le verbe conjugué, tout en conservant quelques règles spécifiques, Ver:ImPr ;
- participe passé, opérant avec l’adjectif ou le verbe conjugué pour les temps de conjugaison, Ver:PPas ;
- infinitif, Ver:IfPr ;
- participe présent, se confondant avec les adjectifs, plus aisé à appréhender que le participe passé, Ver:PPré.

Les différents fonctionnements des verbes amènent à différencier un groupe de Ver, des Vii, infinitifs, Vpp, participes passés, et Vrr, participes présents, notamment pour la distinction des propositions qui comprennent un Ver, sans l’impératif.

Ces " nouvelles catégories " sont utilisées pour la catégorisation et ramenées à Ver durant le formatage initial du résultat. Au niveau du programme, chacune de ces sous catégories est traitée par un groupe différent. Toutefois certaines règles prennent en compte la notion verbale, c’est-à-dire le seul V, lors de la différenciation avec le nom. Le fonctionnement ne se retrouve dans aucune des catégories verbales, à savoir la présence d’un déterminant ou d’un autre verbe, en dehors de l’association conjugué + participe passé.

Parfois, le verbe possède des lemmes différents : « mirent » pour « mettre » et « mirer », ou des temps : « dit », au présent et passé simple. Dans ce cas, les deux ou trois lemmes sont conservés : « Le pain se rassit *rasseoir Ver:IPsi+SG+P3 *rassir Ver:IPré+SG+P3 *rassir Ver:IPsi+SG+P3 /amb », exception faite pour « étaient », qui ne retient pas le présent troisième personne pluriel de « étayer », en attendant de formuler une hypothèse ontologique.

Les traits personnels et impersonnels n’apparaissent pas, bien que très simples à pointer. Ce type de regroupement pouvant faire l’objet d’une quatrième phase de catégorisation, celle des familles. Le transitif et l’intransitif ne sont pas pris en compte. Leur intérêt étant récurrent, un développement s’impose, voir chapitre IV.4.4.2.4. et IV.6.6. .


 1.1.      IV.4.4.1.1.  temps de conjugaison

Ver:IPré+SG+P1 - Ver:IImp+SG+P1 - Ver:IPsi+SG+P1 - Ver:IFut+SG+P1 - Ver:IPac+SG+P1 -  Ver:IPqp+SG+P1 - Ver:IPan+SG+P1 - Ver:IFan+SG+P1 - Ver:SPré+SG+P1 - Ver:SImp+SG+P1 - Ver:SCPa+SG+P1 - Ver:CPré+SG+P1 - Ver:CPas+SG+P1  - Ver:SPas+SG+P1

Les temps simples sont IPré pour le présent, IImp imparfait, IPsi passé simple, IFutfutur, et les composés IPac passé composé, IPqp plus-que-parfait, IPan passé antérieur, IFan futur antérieur. L’indicatif est de loin le plus vaste et augmente singulièrement la base de données. Le mode subjonctif regroupe SPré, présent, SPas, passé, et SImp, imparfait, SCPa plus-que-parfait, identique pour le conditionnel passé 2ème forme, mode pour lequel nous avons CPas, passé, CPré, présent. Les temps surcomposés n’ont pas été pris en compte.

La reconnaissance des temps composés est une ambiguïté complexe. Sa résolution est décrite dans les chapitres suivants abordant notamment la question de la tournure passive, § IV.4.4.2.2..

Le figement du syntagme n’implique pas la ligature, puisque le trait s’applique à l’auxiliaire. Ce choix permet de continuer à isoler les participes passés, et de mettre tous les temps sur le même plan.


     
M o d e   i m p e r s o n n e l    M o d e   p e r s o n n e l
I n f i n i t i f I n d i c a t i f    simple  S u b j o n c t i f
IfPr Présent IPré Présent SPré Présent
IfPs Passé IImp Imparfait SImp Imparfait
P a r t i c i p e IPsi Passé simple SPas Passé
PPas Passé IFut Futur SCPa Plus-que-parfait
PPré Présent I n d i c a t i f   composé C o n d i t i o n n e l
M o d e   p e r s o n n e l   partiel IPac Passé composé SCPa Passé 2e forme
I m p é r a t i f IPqp Plus-que-parfait CPré Présent
ImPr Présent IPan Passé antérieur CPas Passé
ImPs Passé IFan Futur antérieur    
           
    A. Découpage des verbes conjugués  


 1.2.      IV.4.4.1.2.  temps composés

Les locutions verbales, type « prendre son temps » ou « avoir raison » sont couramment employées, construites généralement avec des verbes semi-auxiliaires ou supports, « avoir », « faire », « donner »... ayant pour propriété de « "verbaliser" littéralement les noms » » (Riegel, 1994 : 232) qu'ils précèdent. Elles peuvent poser des problèmes de longueur, « faire d'une pierre deux coups ».

Le niveau de l'adage sera donc éludé pour des structures plus simples, « avoir froid », « battre monnaie », « prendre congé ». Le test d'insertion pouvant peser dans le choix : « avoir très froid », *« battre très monnaie ».

Les constructions avec auxiliaire sont de toute façon très productives, et le test de substitution paradigmatique va fonctionner. L’on peut soit décider de les répertorier, ce qui a été le cas, soit éventuellement les faire entrer dans une autre logique, de fréquence d’emploi ou de marque particulière. Le critère de finalité § IV.3.3.2. pour la traduction inclinerait à relever les idiotismes, même productifs : « to stand : être debout » (chapitre sur les perspectives V.1.).

Les locutions type Ver + Pré ne sont pas retenues : « contribuer à », « se passer de », trop productives, de même pour les séquences Ver + Dét. L’idiotisme étant toujours présent « lancer avec force : to fling ». L’ambiguïté peut être sémantique : « avoir des fourmis » relevant de la santé ou de la campagne. Parfois un simple trait comme le possessif du déterminant pourrait lever l’ambiguïté : « ouvrir son coeur », « ouvrir le coeur ». Si bien que la limitation Ver + Dét pour le figement n’est compensée que par le critère métaphorique qui confirme notre premier exemple : « prendre son temps », aisé à reconstituer de par une sémantique commune du temps et de la possession, qui lui donne son sens figuré saillant, basé sur un basculement du concret de « prendre ». Reste à juger de la pertinence de la distance analogique pour un figement, lorsque celle-ci est faible. À l’inverse, « prendre la mouche » est plus fort, sans appui et impossible à reconstituer. L’intermédiaire, « prendre le large », ayant pour analogie le lien notionnel de « partir », moins limpide que « prendre son temps », distance moyenne.

Les pronominaux peuvent aussi fonctionner comme marque : « arracher les yeux » qui se verra étiqueté en composé si le lemme arracher est précédé du réfléchi. « C’est à s’en arracher les yeux. », « Il arrache les yeux de la grenouille. », « C'*ce Pro:Démo+Ing+SG+P3 est *être Ver:IPré+SG+P3 /amb à *à Pré s' *se Pro:Pers/Comp+Ing+IN+P3 /amb en *en Pro:Adve /amb arracher_les_yeux *arracher_les_yeux Ver:IfPr/Cmps /amb » « Il *il Pro:Pers/Suje+Mas+SG+P3 arrache *arracher Ver:IPré+SG+P3 /amb les *le Dét:Arti/Défi+Ing+PL /amb yeux *oeil Nom:Mas+PL de *de Pré /amb [...] ». Dans cet exemple, le critère du choix est métaphorique. Les constructions en arracher + Dét + Nom sont limitées, « s’arracher les cheveux », (qui peut présenter une ambiguïté) contrairement à rire + liaison + Nom qui paraît beaucoup plus productif : « rire dans sa barbe, rire à gorge déployée, rire comme un fou... » et ne change pas le sens de rire : « Quel non-sens nous dites-vous là ! répliqua le préfet, en riant de bon coeur. » (La Lettre volée).


 1.3.      IV.4.4.1.3.  impératif

Ver:ImPs+SG+P1 - Ver:ImPr+SG+P1

L’impératif s’emploie au passé Ver:ImPs ou au présent Ver:ImPr avec quelques variations de personne et de nombre. Le passé se forme avec l’auxiliaire : « Ayons *avoir Ver:ImPs+PL+P1 /amb fait *faire Ver:PPas+Mas+SG /amb la cuisine. »

Le cas de l’impératif semble a priori assez simple à résoudre, s’agissant en effet d’une forme verbale, qui, si elle se confond avec la troisième et la deuxième personne à l’indicatif, est syntaxiquement isolée. Toutefois l’irruption d’incidentes crée un parasitage, avec l’éloignement du sujet : « [...] l'avion, hélas ! ne tarde guère à en faire autant. » (Terre des hommes) ou l’implicite avec sa supression dans une énumération : « Il dit « pair » et gagne. » (La Lettre volée).  

Les formes « nous » et « vous » de par leur double appartenance comme pronom personnel complément et sujet créent une nouvelle ambiguïté : « Permettez-vous une fantaisie. », complément, « Permettez-vous de partir maintenant ? », sujet . La levée est indiquée par l’interrogation ou la présence d’un autre complément : « MONSIEUR LE PRÉSIDENT, [saut de ligne] Me permettez-vous, dans ma gratitude pour le bienveillant accueil que vous m'avez fait [...] est menacé de la plus honteuse, de la plus ineffaçable des taches ? » (J’accuse, Émile Zola). L’indice du pronom personnel complément dans l’énoncé est beaucoup plus simple que celui du point d’interrogation, cette phrase compte en effet plus de cinquante formes, le plafond des règles étant fixé à trente.

Certaines sont grammaticalement insolubles comme : « Lettre au président [...] » qui présente un verbe inusité à l’impératif. La solution consiste à le supprimer dans la base (et guetter une exception dans un texte), ou à le supprimer dans la règle, sous forme d’une liste des exceptions, pour envisager des cas particuliers rupture + lettre . Problématique que l’on retrouve pour « Terre des hommes » chapitre IV.2.1.3. .

La règle précédente est naturellement une exception. Elle nécessite du temps pour être appréhendée, rédigée, testée et corrigée. Si le type de séquence « Lettre à... » n’a rien d’exceptionelle et suppose que l’investissement soit rentable, c’est surtout la philosophie d’un socle solide qui doit prévaloir. Pour la catégorisation, la gestion attentive des titres semble indispensable à cette étape.


 1.4.      IV.4.4.1.4.  subjonctif

Ver:SPré+SG+P1 - Ver:SImp+SG+P1 - Ver:SCPa+SG+P1

Le subjonctif devient une ambiguïté pour les verbes du premier groupe, eux-mêmes déjà susceptibles d’être ambigus avec le nom. Selon le type de verbe modal ou de circonstanciel l’on peut avoir ou non l’indicatif : « Je crois que tu prends la porte avec légèreté. », « Je recommande que tu prennes la porte avec rapidité. ». Il est créé dans les ontologies une liste spécifique modal_subj, voir § IV.7.5. Les circonstanciels pouvant aussi être un support à l'aiguillage. Les catégoriseurs font par exemple l’erreur pour l’énoncé : « Il faut que tu tournes à droite. »

Le développement du subjonctif alimente la question de l’hypothétique et donc de la pragmatique.


 1.5.      IV.4.4.1.5.  infinitif

Ver:IfPr - Ver:IfPs - Vii

De même que le participe présent, l’infinitif pourrait être considéré comme une classe particulière étant donné qu’il possède ses règles spécifiques. Ses marques saillantes sont les suffixes en « -oir », « -ir », « -re », « -er », et l’on constate pour la catégorisation qu’il est : « [...] souvent introduit par un morphème de liaison (le plus souvent de, parfois à» (Maingueneau, 1999 : 198).

Nous avons vu l’exemple de son intersection avec le Nom pour « boucher » au § IV.4.1.3.1., citons « pouvoir », « repentir », « rire ». Il est à relever qu’il y a peu de polysémie, que le pronominal peut être un indice et que notre dernier exemple est un cas unique des 29 formes en « -re ». Il conviendrait d’établir l’importance des séquences Nom Vii dans le dictionnaire et un corpus. La difficulté c’est que nombre d’infinitifs sont potentiellement substantivables. L’on peut supposer qu’un glissement de ce type à tendance à mettre en valeur un concept ou à créer un néologisme, donc peu susceptible d’opacité.


 2.      IV.4.4.2.  participe passé

Ver:PPas+Mas+SG - Vpp

Le trait PPas (ou la catégorie Vpp) contribue aux temps composés, et sa principale problématique est sa frontière instable avec l’adjectif. L’ambiguïté peut se situer par rapport au verbe conjugué, « décrit », ou au nom, « assemblée ». Les séquences sont parfois faciles à rédiger, comme le fait d’être précédé d’un auxiliaire, ou d’être suivi d’un verbe conjugué et précédé d’un déterminant : « L’assemblée vote. », mais la difficulté s’accroît pour différencier par exemple les apposés des impératifs : « Mon cher enfant, bénis nos fétiches, adore-les toujours. » (Candide).

Pour détailler la catégorie un premier chapitre décrit notre conception du degré d’actualisation, expliquant ce qui : « participe à la fois de la classe de l’adjectif et de celle du verbe. » (Arrivé, 1986 : 471). Deux autres chapitres traitent des séquences lors des temps de conjugaison et de la passivation. Un quatrième synthétise les précédents pour dégager une typologie aspectuelle de la catégorie, de façon à étoffer la base de données. Un dernier traite des prépositions « par » et « de », comme complément d'agent.

Le bloc des participes passés est censé être peu volumineux, ne traitant que les cas les plus simples pour aiguiller rapidement ce qui ressort ou pas de la catégorie, et les cas les plus compliqués et donc les plus expérimentaux. Les séquences intermédiaires sont résolues dans le bloc des noms et adjectifs, et dans celui des temps de conjugaison.


 2.1.      IV.4.4.2.1.  degré d’actualisation

Dans la plupart des constructions syntaxiques le participe passé est verbal. C'est le cas avec l'emploi du passif : « Il a été déchu. », de l'auxiliaire avoir : « Il a adapté son discours » et des tournures pronominales : « Il s'est retrouvé chez lui. » Mais cet aspect peut varier en degré d’actualisation et en valeur temporelle jusqu’à devenir nul et donc évoluer en adjectif.

La forme adjectivée relève de l'état, de la durée, d’une valeur résultative, tandis que la forme verbale de l’action, d’un évènement en cours. Le temps de conjugaison n’a pas d’influence, la perception comme adjectif aura tendance à fixer le procès du présent en continuité vers le futur : « La voiture est cassée et n’est pas prêt d’être réparée. », et celle comme participe à faire évoluer le procès d’un repère à l’autre : « La lettre est rédigée. En cours de rédaction, elle sera terminée et connaîtra la publication, la lecture, l’expédition... », ici du présent vers un futur différent, sauf si l’aspectuel du verbe est en cause : « La lettre est expédiée. », pouvant être compris comme en cours d’envoi, ou bien partie dans les réseaux de distribution. Pour certains verbes, cette frontière est floue lorsqu'elle est non explicite : « L'outil est adapté à la situation. », « Le vagabond est abandonné du reste de la société. » Dans le cas d'une gradation entre ce qui résulte et ce qui se réalise, le contexte seul ou un énoncé amplifié peut résoudre l'ambiguïté :
- Action manifeste, passivation et actualisation forte :
« L'outil est en cours de fabrication pour résoudre le problème. »
« Le vagabond est en train d’être abandonné du reste de la société. »
- Action manifeste, passivation et actualisation moyenne :
« L'outil a été spécialement adapté en fonction du problème. »
« Le vagabond est pour l’heure abandonné du reste de la société. »
- Action relative, passivation et actualisation faible :
« L'outil a été adapté pour résoudre le problème. »
« Le vagabond est petit à petit abandonné du reste de la société. »
- État relatif, adjectivation et attribution faible :
« L'outil possède la qualité de pouvoir résoudre le problème. »
« Le vagabond est dans une situation d’abandon. »
- État manifeste, adjectivation et attribution forte :
« L'outil possède la qualité particulière de résoudre la situation. »
« Le vagabond est désormais exclu de la société. »

Les énoncés nous montrent que des constructions sont en mesure de lever l’ambiguïté. Elles varient du repère temporel présent, puis du passé immédiat, ensuite la notion de durée s’estompe, pour aboutir à une caractéristique, laquelle, pour finir, se précise. Il n’est pas certain que l’information consistant à distinguer le degré d’actualisation soit pertinente : peu importe si un individu se retrouve déjà exclu ou en cours d’exclusion, le thème seul peut être capital dans le message. Des syntagmes du type : « en cours de », « en train de », suffisent à préciser la situation lorsque l’énonciateur en a l’intention. Cet argument n’est toutefois pas convainquant, dans la mesure où notre démarche consiste à renseigner au mieux le texte. L’ambiguïté semble alors difficile à lever en dehors de constructions types. C’est toutefois ce qui va être envisagé dans le chapitre sur l’aspectuel IV.4.4.2.4., sur le classement des participes par rapport à d’autres indices.


 2.2.      IV.4.4.2.2.  constructions composées

Les temps composés s’emploient avec l’auxiliaire « avoir », plus rarement « être » et peuvent se confondre avec le passif : « Il est mangé. », ou l’adjectif : « Il est brûlé. ». Ce type de séquence est résolu en passant par deux blocs, celui des participes passés et celui des temps de conjugaison. Ce dernier se situe en fin de chaîne.

Une première règle établit une liste pointant le participe passé et une seconde, plus tard, le temps composé : « Le verbe être précède des verbes perfectifs [...] qui expriment un mouvement ou un changement d’état : aller, arriver, devenir, entrer, mourir, naître, rester, sortir, tomber, venir » (Riegel, 1994 : 252). Donnant la liste, ver_perf, et qui abouti à la catégorisation : « Je *je Pro:Pers/Suje+Ing+SG+P1 suis *être Ver:IPac+SG+P1 /amb tombé *tomber Ver:PPas+Mas+SG /amb par_terre *par_terre Adv:Lieu/Cmps /amb ». Cette liste est en partie ambiguë et l’on peut retrouver l’épithète : « L’homme est un dieu tombé du ciel. », « Le premier arrivé sera le dernier parti. ». C’est avec le seul emploi de « être » que la forme sera aiguillée PPas. Les complications viennent des insertions et des inversions : « Était-il vraiment tombé par terre ? ».

Certaines formes ambiguës comme « passé » peuvent aussi être Nom, plus rarement Pré et plus rarement encore Adj. La règle consiste donc à repérer les emplois les plus pertinents, ce qui ne manque pas pour celui-ci  : « 2¨ (Couleurs) Qui a perdu son éclat. Þ éteint, fané. Couleur passée. Par ext. Cette tapisserie « était usée, élimée, passée de ton » (Gautier).Þ défraîchi. 3¨ Passé de mode : démodé. » (Le Robert) être passé : « de mode... de ton... » impliquera un adjectif, d’autant que la séquence tient du mot composé.

Les constructions pronominales, se + être + Participe Passé, indiquent aussi le passé. Les marques sont ici les formes se et s’. Hors de ces séquences canoniques, les listes de participes passés sont des marques essentielles. L’énoncé : « Comment Candide fut élevé. » peut être analysé comme Ver:IPsi + Adj:Qual, ou Ver:IPan + Ver:PPas, ou Ver:IPsi + Ver:PPas. La règle va aiguiller sur le précédent car le lemme « élever », qu’il s’applique à un objet ou un être entraîne une construction passive. Un premier passage indique un participe passé, et le second, un temps simple. Il faut toutefois compter sur les exceptions être + Adv:Degr + élever, aiguille « élever » sur Adj:Qual : « Il est mal élevé. »

La problématique est naturellement prise en compte par les traducteurs, mais les embûches ne manquent pas. À titre d’erreur, mais qui tient du bogue, la conjugaison de « tomber » dans le Robert électronique 1996, qui est associée à « avoir », les autres verbes du paradigme n’acceptant pas un usage avec « avoir », sont employés avec « être ».


 2.3.      IV.4.4.2.3.  voix passive

La démonstration sur les temps composés amène avec « être » une liste limitée de mots. Le cas du passif concerne des listes beaucoup plus importantes et qu’il est difficile d’établir. L’on va commencer par déduire à partir du lexique une propension plus ou moins forte à la passivation :
- certains verbes paraissent comme forcément passivés aimé, adulé, activé, assailli... sans complément d’agent apparent : « L'enfant est aimé. », « La souris est mangée. ».
C’est la base qui va déterminer la catégorisation, en ne laissant tout simplement pas l’étiquette Adj.
- d’autres formes peuvent varier selon le contexte, accumulé, arrêté, corrigé, ridiculisé, réparé... : « Vous n’avez pas le droit de vous en aller, vous êtes arrêté. » (Le procès, Kafka), et ne deviennent nettement passives qu’avec un complément d’agent : « Le blé est accumulé par les/grâce aux livraisons de charrettes. ».
- un troisième groupe est moins équivoque : ahuri, cuit, déchu, familiarisé, modernisé, ridiculisé, rôti... devenant adjectif en position attribut : « Il est ahuri. », et participe passé avec le complément : « Il est ahuri par la situation. ».

Les règles établissent donc l’étiquette PPas pour le premier groupe dans tous les cas, et s’il est suivi d’un complément d’agent, pour le deuxième et troisième groupe. Ceux-ci seront adjectifs en position attribut et apposé. Le problème résulte du deuxième groupe lors de l’absence de « par ». Il sera assimilé au 3ème groupe en attendant de développer d’autres indices.


Pour résumer une première règle énonce :
- 1er groupe : PPas en position attribut, avec ou sans forme « par » ;
- 2ème et 3ème groupe : Adj en position attribut, et PPas avec la forme « par ».

La problématique ne se situe pas seulement pour la position attribut mais aussi pour l’apposé et l’épithète. Ce dernier impose sa valeur qualifiante, même à une forme comme « aimé », avec une notion généralisante : « L’enfant aimé possède l’essentiel. » Et sachant que l’apposé peut varier.


 2.4.      IV.4.4.2.4.  valeur aspectuelle

Pour établir une liste des formes, il faut relever que : « En règle générale, les participes passés susceptibles de jouer le rôle d’adjectif attribut sont ceux des verbes causatifs-résultatifs qui modifient les caractéristiques saillantes de leur objet. » (Riegel, 1985 : 184). L’aspect résultatif se combine à d’autres ou se modère, en effet « Il est tombé. » n’est pas pour autant adjectif puisque passé composé. Il s’agit d’un évènement dont on situe le déroulement dans le passé, et s’il est terminé, il ne se prolonge dans le présent que par ses conséquences. Il existe un espace de temps entre le fait qu’il soit tombé et l’actualité de son énonciation, espace durant lequel il a pu se relever, mourir, être évacué... À titre de comparaison, « Il est cassé. » indique que la destruction est définitive puisque accomplie, mais notre « Il est tombé. » parle à la fois de la chute, un segment, et de la réception, temporaire ou pas selon le contexte.

L’on peut aussi établir un classement par champs lexicaux. Pour les verbes impliquant un bouleversement, comme les sémelfactifs brisé, explosé, l'état peut se prolonger indéfiniment, si bien que l’on peut les adjectiver. « Pour trouver la rue, contournez le vieil immeuble effondré. » et donc aiguillés dans le troisième groupe. Les verbes de mouvement posent un procès en cours et un classement dans le premier groupe : « ramené », « déplacé », « déménagé ». Les mots du jugement impliquent clairement un aboutissement : « réussi », « raté », et donc un classement dans le troisième. Cette notion est précisée par la difficulté à adjoindre un complément d’agent : ?« La musique est réussie par Jean. », ?« La musique est raté par l’emploi de choeurs. » Tandis que des verbes type « bâclé », « gâché » les admettent, distinguant le sens d’appréciation, qui peut se réaliser durant une exécution, du jugement, qui en est la somme.


forme
résultant attribut apposé groupe domaine
aimé non PPas PPas 1 sentiment
amené oui PPas PPas 1 mouvement
corrigé oui Adj Adj 2 tâche
arrêté oui Adj Adj 2 contrainte
bâclé oui Adj Adj 2 appréciation
révolu oui Adj Adj 3 terme
réussi oui Adj Adj 3 jugement
    A. Groupes verbaux aspectuels  

L’ébauche de cette liste sur une cinquantaine de mots nous révèle que certains sont des ambiguïtés sémantiques : « renvoyé » relève de la conséquence d’une exclusion d’un individu (d’une entreprise etc.) ou de l’acte lui-même, pouvant s’exercer sur une palette de choses beaucoup plus large que la perte d’un statut. La forme « soigné » est encore plus délicate puisqu’elle cumule polysémie et ambiguïté sur l’actualisation : pouvant être l’attention portée à l’exécution d’un travail, le résultat d’un traitement médical et ce même traitement en cours d’application. Un approfondissement de chaque mot laisse entrevoir que nombre d’usages peuvent parasiter le classement.

Ce relevé serait long à établir, ressemblant dans sa complexité à un tableau transitif/intransitif. Il permettrait l’existence d’une base de verbes aspectuels. Les deux, aspectuel et transitif, pourraient faire l’objet du même type de recherche à partir de relevés statistiques sur des textes pleins ou l’adaptation de ressources.

Seule une étiquette prenant en compte le degré, comme envisagé pour les mots composés, pourrait proposer une catégorisation exacte, plutôt qu’un classement binaire, peu satisfaisant pour les cas intermédiaires comme le groupe 2. En attendant de développer des indices résolvant le cotexte, il sera exploité de manière la plus cohérente possible cette différence entre adjectif et participe passé pour nos corpus.


 2.5.      IV.4.4.2.5.  complément d’agent

L’indice essentiel de passivation est l’apparition d’un mot introduisant le complément d’agent. La préposition « par » est la plus saillante et la plus sûre contrairement à « de » d’une sémantique plus variée. L’on pourrait avancer que « de » ne peut commuter avec « par » sans un changement de statut : « La préposition de apparaît aujourd’hui comme la forme marquée réservée aux cas où le complément introduit n’est pas interprété comme un véritable agent et où, corollairement le sujet passif n’est pas effectivement affecté par le procès verbal. » (Riegel, 1994 : 437) Que le participe passé soit épithète ou attribut, employé avec « de », il penche pour la valeur résultative : « Un poulet rôti d'une main de maître », « Un poulet rôti d'un goût excellent », le premier spécifie la manière, même s’il s’agit aussi d’un indice d’actualisation, le second, la qualité, et dans tous les cas, un adjectif. Pour l’instant la règle, comme d’autres par ailleurs, est arbitraire, dans la mesure où cette distinction entre « par » et « de » nécessite un approfondissement spécifique : « Ces deux prépositions ne s’emploient pas indifféremment, mais leur exacte distribution dans l’emploi constitue une grosse difficulté de la langue française et un problème qui divise les grammairiens. » (Béchade, 1986 : 26). Celui-ci pourrait naturellement poser de nouvelles questions tout aussi aiguës mais permettrait d’avancer sur le front des prépositions.

Les verbes du groupe 2 varient en fonction du contexte. Ainsi : « La guitare est réparée. » est traduit en anglais par l’adjectif : « The guitar is repaired. » de même qu’il pourrait se voir en : « The guitar is being repaired. » selon le contexte. L'anglais ressort d’une simple construction verbale, et le français d’un syntagme plus complexe : « en train d’être réparé », ou d’une nominalisation « en cours de réparation », « en réparation », et qui ne fonctionne pas dans tous les cas : *« en exclusion », *« en adaptation ». Pour l’espagnol, la problématique est prise en compte : « Se repara la guitarra. El músico repara la guitarra. », dans WorldLingo, mais pas avec Reverso : « La guitarra es reparada. La guitarra es reparada por el músico. »

Les précisions de fonctions de Cordial ne permettent pas de les différencier même s’il analyse « par... » comme complément d’agent (chapitre VI.4). Certains indices permettraient d’aiguiller vers PPas : « Adverbes ou prépositions, peuvent marquer avec plus d’insistance la relation temporelle. Par exemple l’antériorité immédiate : Sitôt rentré de l’école, je me mets au piano. » (Chevalier, 1997 : 377), mais il conviendrait de tester la règle Adv:Temp et d’inclure la problématique « de ».


 2.6.      IV.4.4.2.6.  participe présent

Ver:PPré - Vrr

Le trait PPre ou la catégorie Vrr est morphologiquement très simple à reconnaître et d’emblée ambigu avec l’adjectif. Sa marque de levée la plus simple étant le syntagme gérondif. Une bonne partie de ce vocabulaire est différenciée par les terminaisons à l’écrit, « -ent », « -guant », « -quant » mais le problème reste entier pour l’oral. Toutefois les formes fréquentes en sont épargnées : « des auxiliaires être et avoir (mais aller donne elle est très allante), de devoir, savoir et pouvoir (mais puissant et savant sont d’anciens participes présents), etc. » (Arrivé, 1986 : 472), le cas de « ayant » est résolu par le figement : « ayant droit », « ayant cause » ; celui de « étant », recouvre aussi un nom, restreint au domaine philosophique, et le cas particulier de « devant » est décrit dans un chapitre (IV.4.13).


 3.      IV.4.4.3.  une bibliographie sur le verbe

     RIEGEL Martin, PELLAT Jean-Christophe, RIOUL René, Grammaire méthodique du français, Quadrige PUF, 1994, 646 p.
     MAINGUENEAU Dominique, Précis de grammaire pour les concours 3ème édition, Dunod, 1999, 321 p.

 4.      IV.4.4.4.  une bibliographie sur le participe

         ARRIVÉ Michel, GADET Françoise, GALMICHE Michel, La grammaire d’aujourd’hui, Flammarion, 1986, 719 p.
     BÉCHADE Hervé-D., Syntaxe du français moderne et contemporain, PUF coll. Fondamental, 1986, 332 p.
     CHEVALIER J.-C., BLANCHE-BENVENISTE C., ARRIVÉ M., PEYTARD J., Grammaire du français contemporain, Larousse, 1997, 494 p.
             RIEGEL Martin, PELLAT Jean-Christophe, RIOUL René, Grammaire méthodique du français, Quadrige PUF, 1994, 646 p.
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     Rédaction : 01.04.2004      Publication : 10.10.2006
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