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     la revue des mots-outils      §IV.5. 
La page des formes. Chaque mot-outil recelant des ambiguïtés est détaillé, afin d’y rapporter plusieurs étiquettes et règles de résolution


 1.      IV.5.1.  ainsi

Adv:Manr - Adv:Liai - Coj:Circ/Locu - Adv:Itrj/Cmps

Ainsi présente un cas d’ambiguïté sémantique dès lors qu’est admise sa valeur de conjonction, en association à « que » : « Denis est chanteur ainsi qu’orfèvre. » pouvant se comprendre comme ayant deux métiers, conjonction de coordination, Coj:Coor, ou pratiquant le premier à la manière d’un orfèvre, Coj:Circ/Locu/Aver. L’impossibilité de distinguer les deux classes amène à imposer Coj:Circ/Locu, (avec la distinction Aver et Verb) en attendant d'extraire une règle.

Le reste du temps il est adverbe de liaison, Adv:Liai : « et ainsi, nous rendre comme maîtres et possesseurs de la nature » (Discours de la méthode, René Descartes, VIème partie) ou de manière, notamment en position attribut : « L’amoureux est ainsi. » et donc assimilé, Adv:Manr. Il compose quelques locutions comme : « ainsi soit-il », Adv:Itrj/Cmps, « ainsi de suite », Adv:Manr/Cmps, « pour ainsi dire », Adv:Liai/Cmps, et l’usage vieilli de « par ainsi ».


 2.      IV.5.2.  aucun

Pro:Indé/Néga+Mas+IN - Dét:Adje/Indé/Néga+Mas+SG - Adj:Indé/Néga+Mas+SG

aucun
forme
+ Dét
forme
+Pré+Dét
forme
+Pré+Nom
Dét Pro Dét+forme
+Nom
Dét+Nom
+forme
État+
forme
x
o
x
o
o
x
x
x

Comme déterminant aucun varie en genre, ne recevant la marque du pluriel que devant les très rares noms sans singulier, et précisant le trait négatif, Dét:Adje/Indé/Néga+Mas+PL. La forme s'emploie avec « ne », encore que la modalité soit parfois affirmative : « Pensez-vous qu'il reste aucun espoir ? » et pourrait se voir appliquer la classe Dét:Adje/Indé/Affi. En tant que pronom, il ne prend jamais la marque du pluriel, mais on trouve un composé : « D'_aucuns imaginent que la terre n’est pas ronde. », Pro:Indé/Néga+Mas+IN, Pro:Indé/Néga/Cmps+Mas+PL. Aucun permute avec le nom, en position de sujet : « Aucun n’est parti. » En cas d'emploi de la forme comme mot-phrase pour une réponse, son étiquette sera celle du pronom : « Tu en as vu ? Aucun. ». Dans ces deux énoncés la classe grammaticale est Pro:Indé/Néga.

La permutation peut se produire avec l’adverbe : « Il n’en mange aucun/pas/jamais/guère... ». La forme ne permute pas avec un pronom, l’anaphore est représentée par « en », mais ne peut s’employer sans *« Il ne mange aucun. », tandis que les autres adverbes de négation peuvent permuter, « Il ne mange pas. », enfin, il prend la marque du genre. Si bien que Adv:Néga n’est pas retenu, pas plus que le déterminant : « Il ne prend aucune responsabilité. », « Il n’en prend aucune *aucun Pro:Indé/Néga+Fém+SG /amb ». Par ailleurs ce chevauchement rappelle l’importance du trait négation et la relativité de l’adverbe.

Il est considéré l'usage d’un registre soutenu : « Il juge sans considération aucune. » L’énoncé rejoint le bloc régissant l’ambiguïté de la combinaison adjectif, déterminant et pronom. Et, postposé au nom il faut lui attribuer la classe Adj:Indé, dans l’impossibilité d’appliquer le trait qualificatif : *« Une considération aucune. », *« Une considération est aucune. ».


 3.      IV.5.3.  aussi

Adv:Degr - Adv:Liai - Adv:Affi - Coj:Circ/Corr/Locu - Coj:Circ/Locu

Le mot présente une certaine variété de sens pour l’adverbe. En position initiale, il sera de liaison, Adv:Liai, « Aussi avait-il mis un point d'honneur à ne pas insister ni demander d'explications supplémentaires.. » (Le Prince et l'Apôtre, Alexandre Malagoli, Bragelone), à l’intérieur de ruptures, Adv:Affi, « Il veut du beurre ? Aussi. », et le reste du temps, de degré, Adv:Degr, « Il y a aussi du chocolat. », bien que cet énoncé charrie un dénombrement, ou d'autres une égalité : « Il cuisine aussi au beurre. », une inclusion : « Nous aussi travaillons au projet. ». La forme entre dans la problématique des conjonctions circonstancielles corrélatives : « Il est aussi rapide que l’éclair. », Coj:Circ/Corr/Aver/Locu, « Il est aussi rapide qu’il est technique. », Coj:Circ/Corr/Verb/Locu. Ces dernières peuvent se croiser avec le pronom relatif : « J’ai aussi vu le chapeau qu’il a porté. » (voir § IV.5.6). Elle se reconnaît dans des locutions circonstancielles : « Je resterai aussi_longtemps_qu'il voudra. », « D'aussi_loin_que je me souvienne, il y avait des prairies. » Coj:Circ/Locu.

Aussi est un élément d’un mot composé, « aussi bien », pris dans des ruptures. « ces rêveries des Platoniciens qui, aussi bien, tombent d'elles-mêmes » (Bossuet in Le Robert), contre : « Je n’ai jamais vu un directeur travailler aussi bien. ». Un autre syntagme « Mais aussi » est plus délicat : « Mais aussi, il n’aurait jamais dû dire oui. », au sens de « d’ailleurs », « Mais aussi, tu peux lui écrire. », renforce l’insistance, donc le degré, d’où Cmps ne sera pas retenu, en attendant d’imaginer des indices.


 4.      IV.5.4.  autre

Adj:Indé+Inv+SG - Nom:Indé+Ing+SG - Adj:Qual+Inv+SG - Dét:Adje/Indé+Mas+SG - Coj:Circ/Corr/Locu

autre
forme
+ Dét
forme
+Pré+Dét
forme
+Pré+Nom
Dét Pro Dét+forme
+Nom
Dét+Nom
+forme
État+ forme
x
x
x
o
o
o
o
o

La première difficulté de autre est sa valeur anaphorique. Le TLFI le range avec les noms dans le cas où il désigne une personne : « Un autre aurait répondu par la négative. ». En effet l’idée d’alternative est plus diffuse qu’en présence d’un antécédent : « Le jouet est trop cher, prends-en un autre. ». Par ailleurs, le Robert ne lui attribue la classe nominale que pour le domaine philosophique dans le sens d’autrui. L’impossibilité d’une place de pronom sujet : *  « Autre a dit d’accord. » et le fait qu’il soit précédé du déterminant le classe comme Nom:Indé+Ing+SG.

Pour la séquence Dét + autre + Nom : « Ajoutons les autres participants. », autre peut permuter avec des qualificatifs antéposés : « Ajoutons les nombreux/grands/vieux participants. ». Il peut se trouver en position postposée : « C’est un homme autre depuis hier. », et attribut : « Il est autre grâce à ce breuvage. », au masculin et au pluriel, et sans changement de sens pour les deux énoncés. Le choix se porterait donc sur la classe des adjectifs qualificatifs, mais les emplois postposés et attributs paraissent rares et pas toujours possibles : « Parlons les autres langues. », ?« Parlons les langues autres. ». 

La différence est clairement perçue entre deux significations de autre, lors de : « C’est un autre homme depuis son voyage en Chine. », Adj:Qual pour « changé », « C’est un autre homme qui m’a fourni ce renseignement. », Adj:Indé pour l’alternative. Ambiguïté délicate, l’on va conférer la classe Adj:Indé+Inv+SG, en antéposé et Adj:Qual+Inv+SG en postposé et attribut. Il faudrait envisager un trait du type Adj:Alte ou Adj:Cmpr.

Son emploi avec « que » en fait une forme complexe. Elle peut être une corrélative : « Une autre façon que celle employée. ». Coj:Circ/Corr/Locu, où « que » ne paraît pas être pronom dans la mesure ou autre n’est pas supprimable : *« J’ai acheté un vélo que celui dont je t’avais parlé. », pas plus qu’on ne peut l’insérer en emploi relatif : *« J’ai emprunté le vélo autre que tu avais vu. ». Mais l’on va trouver une séquence identique avec le Pro:Rela : « C’est une autre maison que j’ai vue. » Le Goffic parle de « corrélative qualitative » et précise que : « Dans ces cas, la distinction entre corrélative et relative n’est pas toujours nette. » (1993 : §367)

L’association à « que » s’emploie pour la négation avec des locutions : « rien d’autre que », « n’est autre que », « personne d’autre que », « nul autre que », si bien qu’avec « autre que », il sera attribué la classe, de manière un peu hâtive, Coj:Circ/Locu. Une réflexion impliquant les constructions superlatives et négatives éclaircirait la question et intégrerait l’étiquetage des syntagmes : « meilleur que », « différent de ».

En Dét, d’un emploi rarissime, il existe conservé dans les adages : « autres temps, autres moeurs », Dét:Adje/Indé+Mas+PL. La forme intervient aussi dans des locutions adverbiales : « autre part », « de part et d'autre », « de temps à autre », « d’un bout à l’autre » « d’un jour à l’autre ». Les deux dernières ne seront pas figées de par le critère de longueur, six formes, et de construction, canonique.


 5.      IV.5.5.  beaucoup

Adv:Degr - Pro:Indé+Ing+PL - Nom:Inv+IN

beaucoup
forme
+ Dét
forme
+Pré+Dét
forme
+Pré+Nom
Dét Pro Dét+forme
+Nom
Dét+Nom
+forme
État+
forme
x
o
o
x
o
x
x
o

Beaucoup est un adverbe de degré, Adv:Degr, fonctionnant soit après le verbe : « Je mange beaucoup. », soit attribut mais au pluriel : « Ils sont beaucoup. ». Avant le déterminant : « Je vois beaucoup de mes amis. », il devient Adv:Degr de par sa nature dominante d’adverbe.

Le Robert classe comme nom ce qui ailleurs apparaît comme « pronom beaucoup et peu normalement utilisés comme anaphoriques : J’avais invité mes amis. Beaucoup/Peu sont venus. » (Riegel, 1994 : 212), qui va être validé comme tel, la syntaxe en étant trop simple et fluide pour ne pas apparaître dans des énoncés courants, Pro:Indé+Ing+PL. Il s’agirait, plus précisément, d’ « adverbes employés comme pronoms indéfinis [...] cela est fréquent pour beaucoup, peu, pas mal » (Goosse, 1993 : §707), qui supposent d’être perçus comme glissement lexicalisé. La cause du glissement est vraisemblablement le quantitatif inhérent à ces mots. D’autres, de la famille des comparatifs, sont aussi susceptibles d’un changement en discours : « Davantage/plus/moins devrait lui convenir » songeant à un Pro:Adve/Indé.

Son emploi nominal est à relever : « Il pèse pour beaucoup dans cette histoire. » Dans ce cas, l’on pourrait le classer comme expression lexicalisée « peser pour beaucoup », « compter pour beaucoup »... bien qu’il faille éviter les séquences Ver + Pré + forme dans nos composés.

Il est le seul de notre liste des indéfinis avec « quelconque » à n’être pas déterminant et à se former de forme+ Pré + Nom. Plutôt que la famille, il entre dans la question des déterminants composés et des quantifiants, avec le paradigme « nombre de ».

Le TLFI classe comme adverbe : « Du talent, il en a beaucoup ! ». La séquence en + Ver + forme , permet de résoudre le dilemme, et notre approche syntaxique implique de ne pas laisser un déterminant en fin de phrase et derrière un verbe, pour conserver l’adverbe, Adv:Degr.

Des énoncés comme « beaucoup d’entre ces gens » suggèrent la difficulté des groupes déterminants figés : « beaucoup_d’entre ces gens » impliquerait plutôt un nouveau composé « beaucoup_d’_entre ces gens ».

Il conviendrait de discuter le Nom du Pro dans les séquences Pré + forme : « La crédulité de beaucoup. », « Il fut seul contre beaucoup. », le premier traduit une idée générale tandis que le second possède des référentiels plus précis même s’ils sont indénombrables.


 6.      IV.5.6.  bien

Adv:Manr - Adv:Itrj - Coj:Circ/Locu - Coj:Circ/Corr - Nom:Mas+SG

Bien présente une complexité de fonctionnement comme subordonnée et une certaine variété de sens au niveau de l’adverbe. Il peut être de manière, « Il est bien habillé. », d’intensité, « Ils sont bien malheureux. », d’estimation ou de renforcement, « Ils sont bien trois mille. », d’affirmation à titre de confirmation : « Nous sommes bien arrivés. », et en temps que mot-phrase pour conclure ou approuver : « J’ai terminé. Bien... ». Il finit par se rapprocher de l’adverbe exclamatif, « Très bien ! », mais sans rien perdre de l’appréciation. La difficulté de distinguer la manière du degré ou de l’appréciation incline à ne pas proposer de différences pour bien adverbe, Adv:Manr, sauf en ce qui concerne l’exclamation, repérable grâce à la ponctuation, Adv:Itrj.

Le Nom est simple à reconnaître, « Le monde a du bien et du mal. Tu as encore beaucoup de bien à sentir. » (Le Chant du monde, Jean Giono). La forme ne risque pas de parasiter Dét Pro de par l’impossibilité à antéposer l’adverbe par rapport au verbe : *« Le capitaine le bien pilote. ».

bien peut être une conjonction, Coj:Circ/Locu, en association avec la forme « que », jouant le rôle de subordonnée circonstancielle de concession : « [...] les mariniers et nous trinquions comme les fidèles d'une même église, bien que nous n'eussions su dire laquelle. » (Lettre à un otage). L’ambiguïté se manifeste avec le nom : « La flatterie même eût été vaine : elles ignoraient la vanité. La vanité, mais non le bel orgueil, et pensaient d'elles, sans mon aide, plus de bien que je n'en aurais osé dire. » (Terre des hommes), l’adverbe : « J’espère bien que ce n’est pas encore dans le genre assassinat. » (La Lettre volée), une locution adverbiale : « On reconnaissait tant bien que mal, dans leur maison, cette maison de Saigon, de Marrakech. » (Courrier Sud), en attribut, « Pour l'instant, il est bien que nous nous fassions chefs comptables à bord de nos avions de guerre. » (Lettre au général X). Quoique la locution soit prise en compte, les catégoriseurs se fourvoient, et les traducteurs distribuent plus ou moins bien les constructions, II.5.4..

La difficulté peut s’étendre avec « si bien que », « Elle chante fort, si bien que je n’entends pas la guitare. », « [...] on le dépèce si bien qu'il ne lui en reste plus qu'une feuille. » (Supplément au voyage de Bougainville, Denis Diderot). La circonstancielle de conséquence est ambiguë avec la corrélative. La première est précédée d’une rupture et la seconde du verbe.

Le classement relève le manque d’unanimité : « Adverbe de manière : C’est bien » (Le Goffic, 1993 : §153), « L’usage courant utilise bien comme un adjectif : Un homme bien. Cette robe est très bien. » (Chevalier, 199 : 422). La différence entre adverbe et adjectif est nette au niveau du sens, mais faible quant à la construction. Par exemple, à la seule variation d’un verbe d’état : « Il est bien qu’il soit là. » adjectif d’appréciation, « Il semble bien qu’il soit là. » ambigu avec le précédent et l’adverbe d’estimation. Les étiquettes ne retiennent pas le classement dans l’adjectif.


 7.      IV.5.7.  certain

Adj:Indé+Mas+SG - Adj:Qual+Mas+SG - Dét:Adje/Indé+Mas+PL - Pro:Indé+Mas+SG

certain
forme
+ Dét
forme
+Pré+Dét
forme
+Pré+Nom
Dét Pro Dét+forme
+Nom
Dét+Nom
+forme
État+
forme
x
o
x
o
o
o
o
o

Certain s’applique à plusieurs catégories avec des significations différentes, sauf en ce qui concerne le pronom et le déterminant : « Ils obéissent pour certains avantages du métier. », Dét:Adje/Indé+Mas+PL, « Certains sont ici. », Pro:Indé+Mas+SG, partie d'un tout pour les deux énoncés.

La signification varie pour les traits en épithète du nom et en attribut, appuyant l’idée qu’il faille différencier les étiquettes de l’adjectif : « un certain nombre de personnes » antéposé, Adj:Indé+Mas+SG ; « Ils sont certains d’être là. » adjectif attribut, Adj:Qual+Mas+PL ; « un nombre certain de personnes » adjectif épithète postposé, Adj:Qual+Mas+SG. Le déterminant varie en genre et reste au pluriel.

La polysémie va créer une ambiguïté : « Certains de leurs arguments, ils écrivent que... », Adj:Qual+Mas+PL « Certains de leurs arbres ont poussé... », Adj:Indé+Mas+PL. Le premier possède la structure d’un adverbe de liaison pour la séquence certains + de + Nom + rupture.


 8.      IV.5.8.  chaque

Dét:Adje/Indé+Ing+IN - Pro:Indé+Ing+IN - Adj:Indé+Ing+IN

chaque
forme
+ Dét
forme
+Pré+Dét
forme
+Pré+Nom
Dét Pro Dét+forme
+Nom
Dét+Nom
+forme
État+
forme
x
x
x
o
o
x
x
x

L’emploi de chaque n’est pas problématique. Il s’agit d’un déterminant : « Chaque homme porte la forme entière de l’humaine condition. » (Les Essais, Montaigne). Dét:Adje/Indé+Ing+IN, et plus rarement d’un adjectif « Je leur donne six ballons chaque. », Adj:Indé+Ing+IN.

La forme ne devrait pas être un pronom : « Tu comptes douze entre chaque. », et ne devrait pas se trouver en position sujet, pareil à « aucun », la langue offrant d’autres tours ou l’emploi de « chacun ». Toutefois le TLFI relève les exceptions, Pro:Indé+Ing+IN.

Il n’est pas nécessaire pour cet indéfini de créer une règle spécifique, son aiguillage comme l’adjectif est réglé par le bloc du nom en fin de chaîne, et comme déterminant par celui du déterminant général, toujours en fin de chaîne.


 9.      IV.5.9.  comme

Coj:Circ/Aver - Coj:Circ/Verb - Coj:Cplt - Coj:Coor - Pré - Adv:Cmpr - Adv:Excl

Le TLFI et le dictionnaire de l'Académie parlent de morphème et le détaillent par sa qualité de comparant, plus faiblement de temps. Cette disposition sémantique se conjugue avec : « l'emploi de comme avec ellipse » (Le Goffic, 1993 : §284), suggérant l’enchevêtrement dans la conjonction circonstancielle. Par sa valeur comparative, comme est analogue aux corrélatives, mais sans construction à deux éléments, type forme ... que : « À la différence de comme, l’adverbe que, (qui reste par lui-même marqueur d’égalité) ne suffit pas à " cheviller " ce type de structures » (Riegel, 1994 : 401). Ces deux aspects, dominante sémantique et plan propositionnel, font de comme une forme complexe à décrire.

En vertu de ses deux valeurs circonstancielles et de la problématique de l'ellipse, la forme se voit attribuer la classe Coj:Circ. Dans ce cas, elle peut être suivie d’un groupe nominal : « Allez, va ! Et ne me regarde pas comme cela du regard. » (Antigone, Jean Anouilh), ou d’une proposition et avoir tous les aspects de la conjonction subordonnée : « Je le traite aujourd'hui comme il fut traité dans sa patrie par les contemporains. » (Candide).

Il conviendra donc de tester lors des soumissions de corpus dans quelle mesure les règles de reconnaissance Verb et Aver peuvent s’appliquer à cette forme et si ces configurations syntaxiques nécessitent un développement.

S’il est écrit que : « En cas d'ellipse, comme fonctionne comme une préposition : jolie comme une déesse [...] » (Riegel, 1994 : 515), la valeur de préposition recouvre la série des Pré + Nom sans déterminant, § IV.3.2.1. : « Je vous recommande Jean-Paul pour/comme livreur. », *« Je vous recommande J.-P. comme un livreur. », « Je venais d'entrer comme jeune pilote de ligne à la Société Latécoère. » (Terre des hommes), sans que joue la considération de l'ellipse, qu'il faut donc différencier de l'exemple de Riegel. L'absence de déterminant est significative, comme + Nom simplifiant la catégorisation de Pré.

La forme permute avec « que » associé aux verbes de modalité, ce qui ramène à notre classement étendu sur la complétive : « Il comprendra maintenant comme je souffre. », chap. IV.5.2 . La notion est ici celle de l'intensité qui peut aussi s'appliquer à « combien » et « à quel point », Coj:Cplt.

L'idée d'approximation dans : « Il est comme perdu. » révèle une permutation possible avec la catégorie des adverbes, et nous permet d'écrire la règle Verbe d'état + comme + Ver:PPas pour inclure la classe Adv:Cmpr. Elle ne doit pas se confondre avec la subordonnée : ?« Il est perdu comme on est perdu généralement. », qui dans son contenu comme dans sa formulation n'est pas convainquant, probablement parce que la subordonnée appelle une précision incompatible avec une manifestation d’incertitude, de la même façon que notre exemple précédent avec « traité » nécessite une amplification, *« Il est comme traité. ». On peut aussi trouver comme avec « effet de coordination » (Le Goffic, 1993 : 397) : « Bertrand comme Antoine sont de bons grimpeurs. » La forme est alors présente entre deux groupes nominaux, Coj:Coor. Enfin la forme peut aussi simplement être une interjection : « Comme c'est mac ! » Adv:Itrj.

Les constructions comparatives des expressions « dur comme fer », « comme un chien dans un jeu de quilles », pourraient être classées comme mot composé si elles n'étaient pas aussi productives (voir chapitre sur la construction syntaxique IV.2.4.4). Toutefois, sans déterminant, elles devraient être relevées, afin de résoudre l'ambiguïté d'avec la préposition


 10.      IV.5.10.  comment combien pourquoi

Adv:Inte - Adv:Itrj - Coj:Cplt - Nom:Mas+IN

De même que « comme », les formes « combien », « comment » et « pourquoi » sont essentiellement marquées par la sémantique respectivement du numérique, du circonstanciel et du logique, acceptant des variations : « Comment as-tu trouvé le mouton ? », se comprenant comme moyen ou manière selon qu’on le découvre au détour d’une ferme ou le mastique au cours d’un repas, retrouvant la distinction bien connue de l’anglais. La valeur interrogative chargeant l’analyse sémantique puisqu’elle amène une modalité : « Pourquoi m’a-t-il appelé ? », pouvant porter sur le contenu ou l’intention, c’est-à-dire la conversation au téléphone : « Pour négocier le contrat. » ou la destination de l’appel : « Pour parler à Jean. », ou encore les deux en concomitance.

Elles entrent dans la famille des adverbes interrogatifs, Adv:Inte : « Comment oses-tu lui répondre ainsi ! », pouvant se télescoper avec l’interjection, remplacer une complétive, Coj:Cplt, dans les interrogatives indirectes : « Je me demande comment... » et un Nom : « Il part tous les combien ? », « Je ne sais ni le pourquoi, ni le comment. » ramenant « comment » dans le champ de la logique. L’absence d’accord pourrait laisser envisager un glissement par trait, type Nom:Adve, de même que l’on pourrait justifier la position de pronom : « Combien sont partis ? ».

« combien » est généralement situé en début de phrase pour l’adverbe interrogatif, tantôt dans la phrase pour l’exclamatif, mais pas toujours : « Combien étonnants sont les derviches ! ». Enfin, on les trouve comme mot phrase : « Pourquoi ? ».


 11.      IV.5.11.  de

Pré - Nom:Prtc

La forme la plus fréquente de la langue française est une préposition, Pré, en apparence très simple, bien qu’il n’en soit rien sémantiquement : « [...] la préposition de, l’origine, et ses emplois pour marquer la matière transformée (faire quelque chose de rien), la cause initiale (souffrir de la faim), la manière (rire de bon cœur), le moyen (faire signe de la main), le prélèvement (mangez de ces raisins) et la partie (le fer de la lance» (Vandelouse, 5). Prendre en compte cette dimension circonstancielle impliquerait le développement de la question du cotexte et des champs lexicaux. Dans notre catégorisation, le premier dans sa complexité étant essentiellement limité aux mots composés et le second à quelques règles expérimentales, la forme de, comme toutes les autres prépositions, ne possèdera pas de traits.

L’étiquette comporte aussi le nom à particule, Nom:Prtc, où l’indice est naturellement un nom propre ou un nom inconnu avec majuscule : « Étienne de La Boétie ». Certaines séquences sont sémantiquement ambiguës : « Il est arrivé de Château Vert », a priori difficile d’affirmer s’il s’agit d’un lieu ou d’une personne. En revanche le bon usage veut que la particule soit supprimée en cas du patronyme seul. L’aiguillage s’effectuera donc sur la préposition.

L’approfondissement ouvrirait sur son association avec « la » pour le partitif, où la préposition s’efface pour la valeur de groupe déterminant, voire de déterminant seul : « De grands hommes sont apparus. » Il permettrait de mieux situer le complément d’agent, et de réfléchir sur une famille des complémenteurs dans le cas de la séquence  de + Ver:Infi.


 12.      IV.5.12.  des

Dét:Arti/Défi/Cont+Ing+PL - Dét:Arti/Indé+Ing+PL

Des n’est variable que dans ses traits, et demeure un simple déterminant. Les distinguer revient à résoudre la question du lemme décomposé. La forme est la seule à entrer dans les trois systèmes des articles : défini, indéfini, partitif. L’on relève que : « Il ne faut pas confondre... des (article indéfini) et des article défini contracté = de + les » mais que : « Du point de vue du sens, des n’est presque jamais un véritable article partitif, mais plutôt le pluriel de l’article indéfini un dans la mesure où l’article partitif, pour le sens, est aussi un article indéfini. » (Christensen, 1995 : 88/90).

En conséquence de la remarque et de la complication dans l’intention de la franchir, il sera proposé deux étiquettes, l’indéfini, « Les chats sont des félins. », Dét:Arti/Indé+Ing+PL, et le défini contracté, « Les chats des voisins. », Dét:Arti/Défi/Cont+Ing+PL, dont le lemme se verra de_le .


 13.      IV.5.13.  devant durant suivant maintenant

devant : Adv:Lieu - Pré - Ver:PPré - Nom:Mas+SG

durant : Adv:Temp - Pré - Ver:PPré

suivant : Pré - Ver:PPré - Nom:Mas+SG

maintenant : Adv:Temp - Ver:PPré - Coj:Circ/Locu

Durant est ambigu entre Adv:Temp : « Il dort des heures durant. », Pré : « Il dort durant des heures. » Il est à remarquer l’absence de l’adjectif verbal et la rareté a priori du participe présent de « durer ». L’on relève qu’il existe une : « Vx Loc. conj. Durant que : pendant que » (Le Robert).

Devant peut être adverbe, Adv:Lieu : « Il est devant. », préposition Pré, et participe présent, Ver:PPré, du verbe « devoir ». Il existe un emploi nominal : « J’ai abîmé le devant de mon 4x4. », Nom:Mas+SG. La distinction Adv Ver n’est pas facile : « Devant de l’argent, il chante. » L’énoncé pouvant être compris de deux manières, « L’argent fait le bonheur. », « Il devient chanteur à cause de ses dettes. » L’ambiguïté est contextuelle, et l’absence d’un « de » n’éclaire pas la résolution : « Devant une bonne bouteille, il chante. »

Les deux formes présentant une ambiguïté récurrente, Pré et Adv, un bloc spécifique est créé afin d’aiguiller sur les cas les plus évidents avant de développer la seule forme.

Maintenant charrie les difficultés des locutions conjonctives circonstancielles et des adverbes avec conjonctive complétive (voir « bien », § IV.4.6) : « Je crois maintenant que tu es un bon cuisinier. », Adv:Temp, « Je crois maintenant que tu pars, qu’il faudrait fermer les volets. », Coj:Circ. L’on perçoit la notion de conséquence mêlée à celle de la temporalité pour la conjonction.


 14.      IV.5.14.  différent

Adj:Qual+Mas+SG - Adj:Indé+Mas+SG - Dét:Adje/Indé+Mas+PL

différent
forme
+ Dét
forme
+Pré+Dét
forme
+Pré+Nom
Dét Pro Dét+forme
+Nom
Dét+Nom
+forme
État+
forme
x
x
x
o
x
o
o
o

Différent possède une signification semblable pour ses trois classements. Il peut être adjectif qualificatif, « Des cultures différentes. », Adj:Qual+Fém+PL ; adjectif indéfini, « Les différentes cultures constituent la mosaïque du monde. », Adj:Indé+Fém+PL, qui marque la segmentation, tandis le qualifiant décrirait un type de rapport entre éléments ; et déterminant, « Différentes cultures forment une mosaïque. », Dét:Adje/Indé+Fém+PL, qui dénote à la fois la quantité et la diversité des plans.

Son peu de complexité justifie sans doute le fait que le TLFI ne le répertorie pas en temps que déterminant. L’on rajoute deux remarques, à propos de l’homographie, qui ne tient qu’au diacritique pour un verbe conjugué, « diffèrent », un graphème pour son participe présent, « différant » et le nom, « différend », et de sa sémantique, du champ de la comparaison, qui le fait se classer dans le paradigme du vocabulaire mathématique : « A est différent de B », susceptible d’en faire un élément d’une famille numérique.


 15.      IV.5.15.  divers

Adj:Qual+Mas+PL - Adj:Indé+Mas+PL - Dét:Adje/Indé+Mas+PL - Nom:Mas+IN

divers
forme
+ Dét
forme
+Pré+Dét
forme
+Pré+Nom
Dét Pro Dét+forme
+Nom
Dét+Nom
+forme
État+
forme
x
x
x
o
x
o
o
o

Plus accusé encore que « différent » la sémantique de divers semble bien conservée dans les trois positions : « Les divers points de vue. », antéposé ; « Les avis sont divers. », attribut ; « Divers points de vue sont énoncés. », déterminant. Il est donc difficile de distinguer le spécifiant du qualifiant. L’on peut relever l’agrammaticalité de l’énoncé : *« Nous avons des diverses opinions. », et ?« Nous avons les diverses opinions. » suggère un complément à la suite : « [...] de nos camarades. », tandis que « Nous avons des opinions diverses. » se suffit. La valeur de dénombrement en antéposé et le fonctionnement différent incline à proposer Adj:Indé. Les classes Adj:Qual et Dét:Adje/Indé étant alors plus clairement posées.

L’on relève quelques mots composés : « fait divers », « divers gauche », ou un emploi en substantif dans une énumération, « journaux, tabac, papeterie, divers... », Nom:Mas+IN. La forme fonctionne dans le même bloc en compagnie de « plusieurs », « maint », « différent ».


 16.      IV.5.16.  la le

La : Dét:Arti/Défi+Fém+SG - Pro:Pers/Comp+Fém+SG+P3 - Nom:Mas+SG
Le : Dét:Arti/Défi+Mas+SG - Pro:Pers/Comp+Mas+SG+P3 - Nom:Prop

Le la sont des formes à la fréquence d’apparition élevée mais d’une ambiguïté peu variée. L’on a relevé au chapitre IV.3.5.3 que « Le » peut être un prénom et « la » un son. Marque du nom, elles substantivent les adverbes comme les noms propres et précèdent parfois un pronom : « Les deux répondirent. » ou participent du superlatif. C’est donc plus son incidence qui pose problème que la forme elle-même, bénéficiant d’un bloc spécifique, dét nom pro.

Son élision est fréquente mais ne change pas son fonctionnement dans les règles, sauf pour la reconnaissance du genre. Il existe aussi un emploi du : « pron. neutre le si le nom est pris en valeur d'adj. : « Une femme qui n'est pas une femme, qui ne le sera jamais »(A. Daudet), » (Le Robert)

« la » intervient dans les règles de catégorisation, soit pour accorder un nom : « la traîne-savate », soit pour résoudre une ambiguïté : « la toucher », mais peut poser la question de la féminisation des activités « La cadre », et donc réfléchir un peu plus sur la base de données. Un approfondissement des deux formes permettrait de développer les traits générique et spécifique.

Le substantif de la est facilement reconnaissable puisqu’il est précédé d’un déterminant, pourtant les catégoriseurs ne l’ont pas retenu dans l’énoncé : « Un La est une note de musique, et pour la jouer, la guitare fait l’affaire. » (Annexe, p.182) Peut-être l’étiquette substantif est-elle absente de la base ? Quelque soit la variante (sans majuscule, entre guillemet, précédé de « un ») la catégorie n’est pas reconnue. Les traducteurs pèchent aussi sur ce point. La majuscule peut en effet être confondue avec le déterminant métalinguistique, puis « Mike », prénom ou micro en anglais, est déjà moins susceptible d’erreur.


 17.      IV.5.17.  maint

Dét:Adje/Indé+Mas+SG - Adj:Indé+Mas+SG

maint
forme
+ Dét
forme
+Pré+Dét
forme
+Pré+Nom
Dét Pro Dét+forme
+Nom
Dét+Nom
+forme
État+
forme
x
o
x
o
x
o
x
x

« maint » est un mot peu fréquent et peu varié, comme en témoigne le place restreinte que lui accorde le TLFI. On le trouve avec un pronom : « Maints d'entre eux sont tombés. », antéposé, où se superpose la notion d'intensif, ou comme simple déterminant « En maint endroits où nous cherchions. », Dét:Adje/Indé+Mas+PL, et dans des composés : « à maintes reprises », « maintes et maintes fois », « maintes fois ».


 18.      IV.5.18.  même

Adj:Indé+Ing+SG - Adj:Indé/Itef+Ing+SG - Adj:Qual/Cmps+Mas+SG - Adv:Degr - Pro:Indé/Cmps+Ing+SG - Pro:Indé+Ing+SG - Coj:Circ/Corr/Locu - Pré:Cmps - Adv:Manr/Cmps

même
forme
+ Dét
forme
+Pré+Dét
forme
+Pré+Nom
Dét Pro Dét+forme
+Nom
Dét+Nom
+forme
État+
forme
o
o
x
o
o
o
o
x

L’ambiguïté de même est importante d’autant qu’il entre fréquemment en composition. Sa sémantique est celle de la similitude, de l’exactitude, et « Lorsque même à cette valeur renchérissante, il y a possibilité d’hésitation sur son statut d’adj. ou d’adv. » (Dictionnaire de l’Académie). Il apparaît une ambiguïté sémantique : « Il est possible de considérer même comme adjectif ou comme adverbe, suivant le point de vue où l’on se place : Ces murs MÊME(S) ont des oreilles (ces murs eux-mêmes ou bien : ces murs aussi).» (Goosse, 1993 : §623.Rem.3). Elle se résoud avec l’accord en nombre, l’adverbe restant invariable au pluriel. Dans le cas d’un singulier la forme aura les deux étiquettes. Elle pourrait posséder un marqueur /sem, pour ambiguïté sémantique.

Associé au nom, même ne fonctionne pas comme les qualificatifs, car il ne peut être attribut, *« Il est même ». Son statut d’anaphorique en association possible avec un déterminant ou un nom le fait se classer chez les indéfinis. Dans le cas où il est postposé au nom, il a « valeur de renforcement » (Gaillard, 1995 : 194), il cadre, met en exergue une situation : « Il fallait, la nuit même dénouer ses liens, clouer ses caisses, [...] » (Courrier Sud) ou une qualité « C’est la gentillesse même. ». Il lui est attribué un trait sémantique correspondant, comme Adj:Indé/Itef+Ing+SG, mais la différence est tenue puisqu’il possède une « valeur qualifiante » (Maingueneau, 1999 : 191). Antéposé, il marque l’unité, la permanence, la similitude (TLFI, même) : « Ce sont les mêmes dossiers. », Adj:Indé+Mas+SG.

En association avec « le », le syntagme est traditionnellement classé comme locution pronominale. Pourtant il possède les caractéristiques du nom « J’ai vu le même ailleurs. » pouvant permuter avec « J’ai vu ce chapeau ailleurs. », à une place différente, pronom : « Je l’ai vu ailleurs. » La locution ne doit son statut de pronom qu’à sa valeur anaphorique, Pro:Indé/Cmps+Mas+SG. Toujours avec le pronom se construit Pro + - + même : « Il l’a lui-même convaincu. »

Le syntagme se retrouve avec les verbes d’état pour signifier la permanence : « Il est demeuré le même. » et permute avec « semblable » et « identique », Adj:Qual/Cmps+Mas+SG.

Le TLFI note une autre locution adjectivale : « Il en est de même dans tous les cas. », mais il peut s’agir d’un emploi en attribut d’un adverbe : « Il en est ainsi dans [...] », ou d’un adverbe de liaison composé : « De même, l’avion, l’outil des lignes aériennes, [...] » (Terre des hommes) et donc présenter une ambiguïté peu difficile, grâce à la forme « de » et sa position en amorce de phrase, ou suivie d’une rupture.

Le reste du temps le mot est un adverbe qui marque une inclusion, haussée du renchérissement, et on peut le trouver en prédéterminant. « Même les baleines chantent avec beauté. », inclusion de la baleine à un ensemble d’êtres ayant la faculté du chant, « Les baleines chantent même avec beauté. » inclusion du chant à un ensemble de facultés de la baleine (même porte sur le verbe chanter), inclusion de la beauté dans la caractéristique du chant (même porte sur le nom beauté). Chacun possède un trait identique, mais ne porte pas sur le même mot, et n’implique donc pas le même sens, Adv:Degr. La valeur renchérissante impose un complément : ? « La baleine chante même. » L’ellipse ne pouvant se concevoir qu’à titre de conclusion, où le complément aurait déjà été suggéré. Un autre adverbe d’inclusion, sans renchérissement fonctionne plus facilement sans complément : « La baleine chante aussi. ».

Les locutions conjonctives sont nombreuses : « de même que », « par cela même que », « avant même que », « lors même que », « même si », « quand bien même », « quand même », Coj:Circ/Locu. La forme entre aussi dans le système des corrélatives avec la comparaison : « C’est le même gâteau qu’hier. », Coj:Circ/Corr/Aver/Locu, mais la frontière est mince avec la relative : « C’est le même gâteau que j’ai pris. », et nous pourrions envisager un cumul du type Coj:Circ/Corr/Rela/Verb/Locu et discuter de l’opportunité de la catégorie conjonction. L’on pourrait aussi noter une complétive « même que », dans un registre familier, appuyant un propos : « Même que c’est lui qui est parti le premier. ».

Il se trouve aussi un : « emploi subst. Et Gilbert Cloquet pensait que, comme un autre lui-même plus âgé, ce Dixneuf méritait d'être plaint, aidé, embauché pour la fenaison (R. BAZIN, Blé, 1907, p. 192). » (TLFI, même) comme les adjectifs, il est possible de substantiver un pronom. Le cas n’est pas relevé.

On trouve la forme dans des locutions autres que circonstancielles : « Tous les mêmes ! », « Tout de même ! » Adv:Itrj/Cmps, ainsi que prépositives « Il creuse à_même le bloc de béton. » Pré:Cmps et d’autres constructions exclamatives : « Quand_même ! ».


 19.      IV.5.19.  neuf

Adj:Qual+Mas+SG - Adj:Numé/Card+Ing+PL - Det:Numé/Card+Ing+PL - Nom:Mas+SG - Pro:Numé/Card+Ing+PL - Nom:Numé/Ordi+Ing+PL 

Neuf présente un cas de polysémie entre l’adjectif et le numéral. Il est résolu dans le bloc des numéraux. Une séquence est basée sur l’indice du nombre dans état + neuf : « Ils sont neuf. », « Ils sont neufs. », le cas d’un énoncé « Il est neuf. » pour un dénombrement, étant impossible. La forme se trouve aussi dans les composés : « flambant neuf », « battant neuf », « remettre à neuf ».

Le numéral est lui-même ambigu désignant soit le chiffre proprement dit : « Le neuf est sorti sur mon loto. », soit sa valeur ordinale : « Il revient travailler le neuf. » Les deux étiquettes seront conservées, mais pourraient faire l’objet d’une règle spéciale en combinaison avec des ontologies du temps et du lieu : « Nous habitons au neuf de la place Padoue. ».

Le lexique de la « pagination » permet de déterminer un adjectif numéral ordinal : « la page huit », afin de ne pas le confondre avec l’adjectif qualificatif pour « un » : « l’esprit un et éternel », mais l’ambiguïté n’est pas forcément levée grâce à un champ lexical : « le livre neuf », et ne peut être résolue que par le contexte, bien qu’ici l’ambiguïté relève d’un usage de la langue, où l’on préfèrera : « le livre neuvième ».


 20.      IV.5.20.  nul

Adj:Qual+Mas+SG - Adj:Indé+Mas+SG - Pro:Indé+Mas+SG - Dét:Adje/Indé+Mas+SG - Nom:SG+Mas

nul
forme
+ Dét
forme
+Pré+Dét
forme
+Pré+Nom
Dét Pro Dét+forme
+Nom
Dét+Nom
+forme
État+
forme
x
o
x
o
o
x
o
o

Nul est généralement un adjectif, un nom et un pronom. Son emploi comme déterminant est plus rare dans le langage parlé. On le retrouve dans les adages : « Nulle peine sans récompense. », Dét:Adje/Indé+Fém+SG, de même pour le pronom : « Nul n’est sensé ignorer la loi. », Pro:Indé+Mas+SG. Il est antéposé à la préposition : « Nul d’entre eux... », et donc Adj:Indé+Mas+SG. Enfin, il peut être attribut ou nom, et dans ce cas variable en genre et nombre, Adj:Qual+Mas+SG, et Nom:SG+Mas devant un déterminant.

En association avec « que », il semble ne pas prendre la valeur de déterminant, « Nul doute qu’il revienne. », *« Le doute qu’il revienne. », *« Nul doute qu’il revienne m’interpelle. », et avoir celle de la modalité d’affirmation ou d’incertitude : « En admettant qu’il revienne... », le « que » étant complétive, ou le syntagme, ciconstanciel de concession. Avec un pronom relatif le déterminant ne fonctionne pas non plus, * « Nul doute que j’ai m’inquiète. » La classe Dét sera attribuée en vertu du seul critère syntaxique.

Il va fusionner avec la forme « part » pour l’adverbe de lieu : « nulle part », Adv:Lieu/Cmps, et devient Adj:Qual/Cmps+Mas+SG dans « à nul autre pareil », pour « Ce calme à_nul_autre_pareil. ».


 21.      IV.5.21.  

Adv:Inte - Adv:Lieu - Pro:Rela - Coj:Circ/Locu

fait partie de la famille des interrogatifs. Il recouvre un problème essentiellement syntaxique qui va questionner la référence. Sa représentation d’un nom de lieu, ou d’une abstraction saisie comme telle, le classe dans les pronoms relatifs, Pro:Rela. La règle est simple puisqu’il est précédé d’un nom. Il peut avoir un sens temporel : « Dans les temps où les hommes... ».

Dans une phrase interrogative, sa position se situe en début de proposition : « Où est-il parti ? » ou en milieu : « Je voudrais savoir où il est parti. » Il va donc être précédé soit d’une rupture soit d’un verbe modal. Il représente aussi le mot phrase : « Où ? ». Dans ces cas la classe sera Adv:Inte. Le point d'interrogation pouvant être trompeur : « Tu as vu le château où il a grandi ? , Pro:Rela.

Si le pronom représente le lieu, l’adverbe, hors interrogation, l’indique. Il prendra la classe Adv:Lieu. Le TLFI le range comme « Adv. rel. ». Cette indication colle au rôle de l'adverbe qui est de l'ordre du circonstanciel.

La règle des intègre des prépositions supprimables : « Il regarde par où il est venu. », « Il regarde d’où il est venu. », « Il regarde où il est venu. » Ces prépositions pouvant devenir des indices : « Voilà où je pars. » représente le lieu, « Voilà par où je pars. », indique la direction du lieu, bien que l’on puisse parler du lieu/chemin, ou lieu/point de départ. D’où une différence parfois très ténue entre l’adverbe à forte valeur déictique et le pronom représentant, ainsi Riegel fait remarquer : « Où, quand, comment et pourquoi, traditionnellement classés adverbes interrogatifs parce qu'invariables, ont un fonctionnement syntaxique et syntaxico-référentiel en tous points identique aux pronoms interrogatifs : ce sont des substituts syntaxiques de compléments verbaux ou circonstanciels qui font porter l'interrogation sur l'identité des constituants » (Riegel, 1994 : 208). La valeur représentative est cependant moins forte : « Où est-il ? » peut supposer une ignorance totale du lieu et ramène à la circonstance, tandis que « Qui est-il ? » suppose un point de départ, une parcelle de connaissance de la personne, pour identifier le référent.« Qui est arrivé ? » peut supposer une connaissance préalable nulle, « Où est-il arrivé ? », implique le mouvement du verbe « arrivé », il peut donc amener une réponse intermédiaire entre le négatif et le positif : « Il est entre Paris et Marseille ». En fait, dès qu'une modalité gagne la forme, elle prend le pas sur l'autonomie du référent, ce qui est exclu pour un être vivant : « qui », « quoi », même inclu dans un groupe, discutable pour un événement, une chose : « que », commencent à perdre leur identité avec : « quand », « combien », et encore plus dilué, « pourquoi », « comment ».

Une incertitude se manifeste dans la séquence Nom + : « On doit prendre le bonheur où il est. ». L’ordre de progression de la catégorisation placera Adv:Inte avant Adv:Lieu puisque le premier va filtrer les verbes modaux pour les interrogatives indirectes.

La base des composés s’enrichit des Coj:Circ/Locu : « dans le cas où », « dans la mesure où », proches des adverbes de liaison, et « jusqu’où », « d’où que », circonstancielle de lieu, et « où que », avec valeur aussi concessive. La séquence rupture + où on, peut indiquer le titre d’un chapitre : « Où on voit notre héros rencontrer le grand amour. ».


 22.      IV.5.22.  pendant

Adv:Temp - Pré - Ver:PPré - Adj:Qual+Mas+SG - Nom:Mas+SG - Coj:Circ/Locu

Pendant montre une difficulté supplémentaire par rapport à « devant » et « durant », (chap. IV.4.13) pouvant être adverbe, Adv:Temp, « Il est parti pendant. », préposition Pré : « Il est parti pendant la séance. », participe présent, PPré, du verbe « pendre » : « L’on voit des hommes pendant d’autres hommes. », mais aussi adjectif, Adj:Qual, « la paire de jumelles pendant sur sa poitrine, il regardait le chapelet de gouttelettes dorées… » (L’acacia, Claude Simon, Ed. de Minuit, p.139) et conjonction circonstancielle : « Il chante pendant que tu danses. ». La différence entre PPré et Adj peut être fournie par le nombre, impossible pour le participe, et par le verbe postposé pour l’adjectif. L’on relève aussi l’emploi nominal : « Le pendant de cette affaire. », Nom:Mas+SG, : « Elle jouit du même physique que Zia Matilda, son pendant presque parfait. » (L'année des chemises noires, Jean-Pierre Simoni, Albiana, 2005, p.20).

Des énoncés peuvent être ambigus en dehors d’une ontologie de l’ « être » et « événémentiel / temporel » : « Les soldats pendant les révolutionnaires/innocents. », « Les soldats pendant les événements/années sombres. » Ce qui implique dans le traitement de pendant d’éliminer une partie des catégories de manière à conserver le doute : « pendant *pendant Pré *pendre Ver:PPré ».


 22.      IV.5.22.  pendant

Nom:Ing+PL - Pro:Indé+Ing+PL - Dét:Adje/Indé+Ing+PL - Adj:Indé+Ing+PL

plusieurs
forme
+ Dét
forme
+Pré+Dét
forme
+Pré+Nom
Dét Pro Dét+forme
+Nom
Dét+Nom
+forme
État+
forme
x
o
x
o
o
x
x
o

Plusieurs ne peut s’employer comme adjectif qu’en attribut ou en apposé. *« les plusieurs hommes », *« les hommes plusieurs », « Plusieurs, ils parvinrent à le hisser. », « Elles sont plusieurs.». Nous constatons une notion de quantification, une fixité du pluriel et une seule signification.

L’on va retenir la classe nominale : « Ils sont partis à plusieurs. », « C’est le travail de plusieurs. », où se distingue la préposition, et parfois, une charge anaphorique plus forte : « Ils ont travaillé sur plusieurs. », Nom:Ing+PL ; « Plusieurs ont répondu la même chose. » Pro:Indé+Ing+PL ; « Plusieurs hommes sont arrivés. », « Pendant plusieurs jours il rédigea. »  Dét:Adje/Indé+Ing+PL ; « Plusieurs de ces rédacteurs... », « Ils sont plusieurs. », Adj:Indé+Ing+PL.


 24.      IV.5.24.  pour

Pré - Adv:Affi - Nom - Coj:Circ

Pour est adverbe, préposition, nom et conjonction de subordination. Sa résolution concerne dans un premier temps son association avec « que », Coj:Circ/Locu. Si c’est le cas, il peut alors revêtir les traits de corrélation ou non, « Pour généreux que tu sois, tu n’en es pas moins hésitant. », étant dans les autres cas, une subordonnée de conséquence : « Il est là pour que tu chantes. ».

Dans un second temps la forme est testée pour la classe nominale puis entre dans le bloc Adv Pré. Dans le dernier cas de figure, pour sera aiguillé vers préposition, bien qu’il faille éviter des résolutions par défaut, le choix est la conséquence de l’absence de ce qui précède.


 25.      IV.5.25.  quand

Adv:Inte - Coj:Circ - Adv:Temp/Cmps

quand peut être soit conjonction circonstancielle, à la sémantique variée qui : « exprime très souvent le temps, mais aussi la cause, l’opposition ou l’hypothèse. » (Chevalier, 1997 : 125), aussi adverbe avec une même modalité temporelle, la différence étant d’ordre essentiellement syntaxique. Le programme va de cette manière distinguer les simples phrases interrogatives des phrases complexes.

La séquence canonique pour l’adverbe est : quand + ...Ver... + ? Mais deux verbes conjugués peuvent la constituer : « Quand voulez-vous que je vienne ? » et la confondre avec une circonstancielle. C’est donc la position en amorce de phrase, la longueur, le point d’interrogation et un autre subordonnant qui vont fournir les indices, Adv:Inte.

La conjonction circonstancielle est généralement au milieu de la phrase, elle est alors précédée d’une proposition, mais peut aussi se situer en amorce et impliquera deux verbes conjugués postposés : « Quand on a un marteau dans la main, tous les problèmes deviennent des clous. » (Libération du 5/6.02.2005), Coj:Circ. La règle des deux verbes postposés prévaut souvent, car l’amorce peut être comblée par un syntagme : « Comme la folie, quand on lui octroiera ce qu'elle désire, ne sera pas contente, [...] » (Les Essais, Montaigne).

Le lexique de l’allemand distingue les deux emplois : « Quand pars-tu ? », « Wann gehst du los ? », « Je partirai, quand tu arriveras. », « Ich werde losgehen, wenn du ankommst. ». Il y a peu de chances que se trompent les traducteurs, du moins pour des énoncés simples.

On retrouve quand dans des composés : « n’importe quand », Adv:Temp/Cmps, et l'on pourrait le rajouter aux interjections : « Quand je pense à ce travail bâclé ! ».


 26.      IV.5.26.  quelconque

Adj:Indé+Ing+SG - Adj:Qual+Ing+SG

quelconque
forme
+ Dét
forme
+Pré+Dét
forme
+Pré+Nom
Dét Pro Dét+forme
+Nom
Dét+Nom
+forme
État+
forme
x
x
x
x
x
o
o
o

S’il ne fonctionne pas comme déterminant, quelconque possède en revanche la valeur d’indéfini. La frontière entre ce dernier et le qualificatif est mince. Il faut faire dans l’énoncé la différence entre l’indétermination et l’ordinaire. Le premier suppose une généralisation absolue : « Un quelconque vase fera l’affaire. » le second un jugement, plus ou moins péjoratif : « Il est un soldat quelconque. ». Une ambiguïté peut alors apparaître : « Un individu quelconque. », pour « insignifiant », toujours connoté, ou moins chargé « banal », un parmi d’autres. Enfin, la postposition au nom recouvre aussi l’indéfini dans la terminologie mathématique : « un nombre quelconque ». L’on constate que les quelques exemples donnés dans le TLFI pour le qualificatif, hors attribut, s’inscrivent dans une énumération saillante et une forte modalité interrogative ; des règles du type Nom + forme + connecteur + Adj:Qual et rupture + Dét + Nom + forme + ? seront rédigées pour être confrontées aux corpus.


 27.      IV.5.27.  quelque

Coj:Circ/Corr - Dét:Indé+Inv+SG - Adv:Degr

quelque
forme
+ Dét
forme
+Pré+Dét
forme
+Pré+Nom
Dét Pro Dét+forme
+Nom
Dét+Nom
+forme
État+
forme
o
x
x
o
x
x
x
x

Quelque fonctionne avec « que » et devient locution corrélative, Coj:Circ/Corr, en encadrant un adjectif : « Quelque endurant que soit ce coureur [...] ». Le sens circonstanciel est « concessif (causalité déniée, [...] ) » (Riegel, 1994 : 489). On trouve quelque déterminant, Dét, variant en nombre, avec le nom : « Quelque coureur qu’il se présente sur la piste, il faudra qu’il [...] » ou pour accompagner le pronom, « un » au pluriel, « quelques-uns ».

La forme est aussi adverbe de degré, Adv:Degr : « Un match de quelque six heures ».


 28.      IV.5.28.  si

Adv:Affi - Adv:Degr - Adv:Inte - Coj:Circ - Coj:Circ/Corr/Verb/Locu - Nom:Mas+IN

Contrairement à « comme », si est plus divers dans ses significations, où se dégagent des valeurs d’intensif, d’hypothétique et d’affirmatif. Le mot se divise en plusieurs emplois adverbiaux et entre dans les deux types de circonstancielle, la simple avec valeur de conditionnel : « Si vous étiez là, vous pourriez... », Coj:Circ, et la corrélative : « Mais je crois la différence si médiocre que cela ne vaut pas la peine d'être examiné. » (Candide), Coj:Circ/Corr/Verb/Locu.

La corrélative se construit généralement avec si + Adj:Qual / Adv:Manr + que et la circonstancielle se situe en amorce de phrase. Mais une postposition n’est pas exclue : « Et s’il n’en reste qu’un... », ou en milieu de phrase, éventuellement après une rupture, consécutif à une inversion de l’ordre des propositions.

L’emploi adverbial dépend du type de phrase et de l’élément. Pour la première on retrouve les types habituels : « Si je pars ? », Adv:Inte, « Si j’avais su ! », Adv:Itrj, « Tu ne l’as pas vue ? Si. », Adv:Affi. En second, il est un intensif de l’adverbe ou de l’adjectif : « Il est si triste maintenant que tu es partie. », Adv:Degr.

L’emploi comme Nom:Mas+IN prolonge l’idée d’hypothèse, « Avec des si la ville sera olympique en 2016. », et demeure invariable.

La forme s’élide, « s’ », sans compliquer l’homographie avec le réfléchi puisqu’elle n’est transformée qu’au seul « il ».

Paradoxalement cette variété ne nuit pas à la catégorisation grâce au fonctionnement spécifique de chaque cas, suivi d’une ponctuation, précédé d’un verbe ou suivi d’un adjectif.


 29.      IV.5.29.  tel

Adj:Qual+Mas+SG - Adj:Indé+Mas+SG - Dét:Adje/Indé+Mas+SG - Pro:Indé+Mas+SG - Coj:Circ/Locu - Coj:Circ/Corr/Verb/Locu

tel
forme
+ Dét
forme
+Pré+Dét
forme
+Pré+Nom
Dét Pro Dét+forme
+Nom
Dét+Nom
+forme
État+
forme
o
x
x
o
o
o
x
o

Les quatre formes se retrouvent en position de déterminant, « Tel participant et non tel autre. », Dét:Adje/Indé+Mas+SG. L’énoncé « Un tel événement devrait faire réfléchir. » pointe la forme en position épithète, comme intensif, et pourrait faire songer à un adverbe variable. Mais à la même position l’on observe la notion de comparatif : « Un tel oiseau a atterri hier. »  En attendant d’approfondir la question, il sera attribué la classe Adj:Indé. Constatons que l’association aux déterminants antéposés ne fonctionne pas toujours : *« La telle chose est incroyable. » et l’impossibilité de l’épithète postposé : *« Une charrette telle. »

En revanche, la position attribut est admise : « Le premier était de ne recevoir jamais aucune chose pour vraie, que je ne la connusse évidemment être telle : » (Discours de la méthode, René Descartes, seconde partie). Précédé d'un verbe d'état tel est donc un adjectif qualificatif : « Elle est telle et compte le rester. », Adj:Qual+Mas+SG, mais change de place dans une inversion des groupes et se confond avec l’adverbe, « Tel j’étais et tel je resterai. », ou le pronom, « Tels sont nos souhaits. », sauf s’il s’agit d’un verbe autre que d’état, « Tels refusent la fatalité. », Pro:Indé+Mas+SG. La séquence forme + Pré + Dét  ne semble pas opérer : * « Telle de la radio est intéressante. ». Mais la forme existe dans cette séquence pour un possessif : « Tel de mes amis m’a dit que ... ».

Tel apparaît dans le paradigme des conjonctions de subordination : « Les trompettes, les fifres, les hautbois, les tambours, les canons, formaient une harmonie telle_qu' *tel_que Coj:Circ/Locu il n'y en eut jamais en enfer. » (Candide), ainsi que dans les correlatives :

« Elle acquit bientôt une telle *tel Coj:Circ/Corr/Verb/Locu /amb habilité à franchir cet obstacle, qu’ *que Coj:Circ/Corr/Verb/Locu /amb elle était presque toujours sur l’ancienne pierre tombale avant que Silvère lui eût tendu les bras. » (La fortune des Rougon, Émile Zola). Enfin, il fonctionne dans une locution nominale : « Ce un tel n’est pas un inconnu. », que l’on trouve aussi soudé : « untel ».


 30.      IV.5.30.  tout

Coj:Circ/Corr/Verb/Locu - Dét:Adje/Indé+Mas+SG - Nom:Mas+SG - Pro:Indé+Mas+SG - Adv:Degr - Adj:Indé+Mas+SG

tout
forme
+ Dét
forme
+Pré+Dét
forme
+Pré+Nom
Dét Pro Dét+forme
+Nom
Dét+Nom
+forme
État+
forme
o
x
x
o
o
x
x
x

Avec six catégories, une description un tant soit peu détaillée de l’homographie prend volontiers pour exemple le cas de tout, probablement parce que la connaissance de sa difficulté est suffisamment courante, et que le morphème possède une exception remarquable, celle d’être un adverbe variable. L’accord en genre et nombre est parfois instable : des doublets de graphie, « de tout temps », « de tous temps », aux similitudes de constructions, « J’ai lu tous les Rougon-Macquart. », « J’ai lu tout Les Rougon-Macquart »

Tout peut fonctionner comme déterminant, Dét, : « La société a le droit de demander compte à tout Agent public de son administration. » (Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, Art. XV).

Marquant une quantité indéfinie, en association avec certains pronoms : « car tout ce qui existe est digne d’être détruit, il serait donc mieux que rien n’existât. » (Faust, Goethe) ou un déterminant : « La loi est l’expression de la volonté générale ; tous les citoyens ont le droit de concourir personnellement, ou par leurs représentants, à sa formation. », (Déclaration..., Art. VI), et devient Adj:Indé, pour une forme variable en genre et en nombre.

Il existe une cinquième graphie : « Des touts harmonieux. », et ne présentant donc, au pluriel masculin, aucune ambiguïté. En tant que Nom, tout prend les traits masculin singulier et pluriel. Des constructions lui confèrent une valeur adjective, proche du composé : « le tout numérique. »

La forme recouvre un emploi corrélatif avec la circonstancielle de concession : « Tout solide qu’il apparaisse, il est fragile. », seulement suivi d’un groupe verbal, Coj:Circ/Corr/Verb/Locu. L’ambiguïté avec le déterminant est levée grâce à la marque de l’indicatif : « Tout solide qu'il prend fragilise sa santé. ».

Comme pronom, Pro:Indé, la forme est mobile, en apposé ou attribut : « Tous, ce sont tous des enfants. », à l’anaphore plus ou moins nette : « Tout, il avait tout ce qu’il souhaitait. » ayant pour effet de classer le deuxième « tout » de cet énoncé dans les adjectifs indéfinis.

Elle se trouve comme sujet : « Rien, seigneur : tout y va parfaitement mal, comme toujours. » (Faust, Goethe), objet direct : « Un Anneau pour les gouverner tous. » (Le seigneur des anneaux, Tolkien), objet indirect, « Il pense à tout. ».

Son fonctionnement comme adverbe, Adv:Degr, le fait s’associer avec un autre adverbe : « Il est tout simplement parti. », adjectif, « une toute nouvelle méthode », et dans une séquence du type tout + Nom, « Le sage était toute intelligence. », de même : « quand ces expressions sont rapportées à un nom ou à un pronom [...] Ces âmes TOUT d’une pièce (R. Rolland, Jean-Chr., t. VII, p. 68) » (Goosse, 1993 : §955.rem.3).

 30.1.      IV.5.30.1.  conjonction concessive et le déterminant




sui_tout_coj_de=[["?","[adj",adv_l,"*que","{ver:i"]]
sui_tout_coj_ve=[["?","[adj",adv_l,"*que","[v"]]
sui_tout_coj_av=[["?","[adj",adv_l,"*que","pof"]]
for a in range(5):
     amb_r="[dét"
     sui=sui_tout_coj_de     
     corp=Regle(corp,amb,amb_r,sui)
     sui_tout_coj_de[0][-1:-1]=["_"]     
     amb_r="[coj:circ/corr/verb/locu"
     sui=sui_tout_coj_ve     
     corp=Regle(corp,amb,amb_r,sui)
     sui_tout_coj_ve[0][-1:-1]=["_"]
     amb_r="[coj:circ/corr/aver/locu"
     sui=sui_tout_coj_av     
     corp=Regle(corp,amb,amb_r,sui)
     sui=sui_tout_coj_av[0][-1:-1]=["_"]


 31.      IV.5.31.  un

Adj:Numé/Ordi+Mas+SG - Dét:Arti/Indé+Mas+SG - Nom:Card+Mas+SG - Pro:Indé+Mas+SG - Adj:Qual+Mas+SG

Un n’est pas beaucoup plus complexe que « la », et ses deux emplois supplémentaires comme qualificatif et numéral sont quantitativement rares. Il peut être adjectif ordinal, « la page un », Adj:Numé/Ordi+Ing+SG, mais il se confond avec l’adjectif qualificatif épithète, « Moi et le père nous sommes un » (Évangile selon St-Jean, 10-30, trad. Louis Segond), « le Dieu un », « Le pays est tout un contre la menace. », Adj:Qual+Mas+SG. Une distinction s’opère en considérant un champ lexical pour l’ordinal : « page, lettre, livre, chapitre, partie... », qui pourrait faire partie d’un chapitre sur les ontologies.

La place de déterminant est la plus évidente : « Un passant qui passe. », Dét:Arti/Indé+Mas+SG. L’on pourrait envisager un dénombrement dans certains cas : « Un tien vaut mieux que deux tu l’auras. », mais la frontière semble ténue. Il est aussi pronom : « Un de ceux que je connais. », Pro:Indé+Mas+SG, avec l’indice du « l’ » pour « L’un prend le fleuret. », et enfin, nom : « Un et un feraient deux et demi. », Nom:Card+Mas+SG.


 .32.    Bibliographie

         CHEVALIER J.-C., BLANCHE-BENVENISTE C., ARRIVÉ M., PEYTARD J., Grammaire du français contemporain, Larousse, 1997, 494 p.
     CHRISTENSEN Marie-Hélène, FUCHS Maryse, KORACH Dominique, SCHAPIRA Catherine, Grammaire, Nathan, 1995, 383 p.
                 LE GOFFIC Pierre, Grammaire de la langue française, Hachette Université, 1993, 589 p.
     GAILLARD Bénédicte, Le français de A à Z, Hatier, 1995, 194 p.
             GOOSSE André, GRÉVISSE Maurice, Le bon usage, Grammaire française, Duculot, 1993, 13e édition, 1761 p.
     MAINGUENEAU Dominique, Précis de grammaire pour les concours 3ème édition, Dunod, 1999, 321 p.
                     RIEGEL Martin, PELLAT Jean-Christophe, RIOUL René, Grammaire méthodique du français, Quadrige PUF, 1994, 646 p.


     La convention grammaticale, pour Notule 1.1   IV.  
     Le récapitulatif des balises en usage dans Notule 1.1
     Le récapitulatif des énoncés des mots-outils 
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     Rédaction : 01.04.2004      Publication : 10.10.2006     Révision : 18.11.2006 / 23.07.2018
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