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     un contraste de technologies      §I.1. 
Un point de vue sur les potentialités et fondements d’une discpline. L’image de synthèse connaît un succès autrement plus important que celui de la langue

 1.      I.3.1.  texte transformé

En trente ans de développement de l’ordinateur individuel, le rendu de l'écrit sur papier a été transporté d’une impression monochrome sur ruban à un atelier d’imprimerie de poche, et son emmagasinage de quelques kilos-octets sur bandes magnétiques aux médiathèques sur disque laser. L’évolution n’a pas gagné toutes les dimensions du mot, laissant le correcteur peiner sur des difficultés grammaticales élémentaires, la traduction des langues confondre des pléiades d'homonymes et l'investigation de milliers de pages numérisées se résoudre par tâtonnement et ruses.

Il se peut que l’inertie de l'écrit dans le giron du graphisme tienne à l’absence de moyens, ne possédant pas des locomotives comme les industries cinématographiques et ludiques pour les images de synthèse : « évolution exponentielle du marché et de l’offre. » (Latger, 2000 : 303). L’on fera remarquer que les fameux personnages virtuels ne le sont toujours qu’à moitié, parce que doublés par les comédiens. Le discours par synthèse vocale reste un défi : « les plus difficiles posés à l’intelligence artificielle. » (Haton, 2000 : 270). Le mouvement de l’image, qui a bondi des carrés monochromes aux paysages modélisés réactifs, surpasse celle de la phrase, incarnée dans les requêtes les bases de données relationnelles et le code de programmation, laissant le Traitement Automatique de la Langue à ses balbutiements.

S’en remettre à une sémantique indissociable de la nébuleuse de son énonciation, ramener les causes d’un contraste entre image et sens à une différence entre phénomènes physiques et caractéristiques humaines serait mal réaliser l’importance du décalage, ni s’engager sur les traces d’une possible réussite. Si la traduction n’a donné lieu qu’à des « résultats décevants » (Perrot, 1998 : 29), une analyse lexicométrique découpe l’œuvre d’Émile Zola, livrée sans repère, de manière chronologique (Barthélemy, 1998 : 67). Les limites sont peut-être à renvoyer du côté de la linguistique elle-même, interrogeant un traitement scientifique de cette « fonction non instinctive, acquise, une fonction de culture. » (Sapir, 1921 : 8), et donc pour partie attirée par la sphère déjà bien problématique des sciences cognitives, puisqu'il nous faut comprendre « culture » comme « humanité », au sens le plus large.

L’exploration de la cognition connue pour s’étendre en une « constellation de disciplines » (Varela, 1996 : qdc) est aussi alimentée par des domaines connexes : « Des progrès scientifiques dans des disciplines situées en amont, et des progrès techniques, instrumentaux et calculatoires, y ont également contribué de façon décisive. [...] Après une période riche en doctrine et pauvre en résultats, la profusion de résultats qu’elles connaissent depuis une dizaine d’années s’accompagne de désordres dans les fondements. » (Andler, 1996 : scd). Presque un siècle plus tôt cette même difficulté concerne la linguistique à travers la proximité de : « plusieurs sciences - psychologie, anthropologie, grammaire normative, philologie, etc. » et sur la complexité du fond : « Pris dans son tout, le langage est multiforme et hétéroclite ; à cheval sur plusieurs domaines, à la fois physique, physiologique et psychique, il appartient encore au domaine individuel et au domaine social ; il ne se laisse classer dans aucune catégorie des faits humains, parce qu'on ne sait comment dégager son unité. » (Saussure, 1916 : 24-25). Linguistique et cognition seraient par définition engagées dans la vieille problématique de toute démarche encyclopédique, de quantité et de cohérence : « former un arbre généalogique de toutes les sciences [...] les liaisons qu'elles ont entre elles [...]. Ce n'était pas chose facile. » (Diderot, 1750 : 214) et l'ingénierie linguistique, de se situer dans l'œil du cyclone.


 4.      I.3.4.  bibliographie

     ANDLER Daniel, Encyclopaedia Universalis, « Sciences cognitives », 1996, CD-Rom.
     BARTHÉLEMY Jean-Pierre, LUONG Xuan, « Représenter les données textuelles par les arbres... », congrés Traitement Automatique du Langage Naturel, 1998.
     HATON Jean-Paul, « Reconnaissance Automatique de la Parole » in Techniques et science informatiques, volume 19 n°1/2/3/2000, Hermes Science, pp.269-276.
     DIDEROT Denis, « Prospectus », préface à l’Encyclopédie, octobre 1750, in Diderot, Œuvres, philospohie, Tome I, Laffont, 1994, 1490 p.
     LATGER Jean, « Les images de synthèse » in Technique et science informatique, vol. 19 n°1-2-3/2000, Hermes Science, pp.291 à 301.
     PERROT Jean, La linguistique, PUF, coll. Que sais-je ?, n°570, 1998, 127 p.
     SAPIR Edward, Le langage, Introduction à l'étude de la parole, 1923, Payot, 1967, 232 p.
     SAUSSURE Ferdinand de, Cours de linguistique générale, Payot, 1916, rééd. 1995, 520 p.
     VARELA Francisco J., Invitation aux sciences cognitives, 1996, Seuil, 122 p.



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     Rédaction : 01.04.2004      Publication : 01.06.2007
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